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Nobel 2011 et traitement des cancers

(06/10/2011)

Les travaux fondamentaux récompensés par le prix Nobel de médecine et de physiologie 2011 ont d’importantes implications pour le développement de traitements personnalisés en immunothérapie des cancers.

Cette année, le Prix Nobel de médecine et de physiologie a été décerné à trois chercheurs qui, selon le communiqué du comité Nobel, “ont révolutionné notre compréhension du système immunitaire en découvrant des principes clés de son activation”; de plus, “leurs travaux ont ouvert de nouvelles perspectives pour la prévention et le traitement des maladies infectieuses, des cancers et des maladies inflammatoires”.

La première moitié du prix a été attribuée à deux lauréats, le Français d’origine luxembourgeoise Jules Hoffman* et l’Américain Bruce Butler, pour avoir identifié “des capteurs de l’immunité innée”; la seconde moitié du prix a été attribuée à un Canadien, Ralph Steinman, pour avoir identifié “un nouveau type de cellules contrôlant l’immunité adaptative.” Malheureusement, Ralph Steinman, qui travaillait à l’université Rockfeller (New York) est décédé des suites d’un cancer du pancréas le 30 septembre dernier.

L’immunité innée représente la première ligne de défense des êtres vivants contre des microorganismes pathogènes: elle se met en place rapidement et est dépourvue de mémoire. Si les pathogènes ne sont pas détruits par les mécanismes de l’immunité innée, l’immunité adaptative entre en jeu: elle est plus lente à agir, mais conserve la mémoire des agressions.

En travaillant sur des modèles animaux, respectivement la mouche drosophile et la souris, Jules Hoffman et Daniel Butler ont mis en évidence, en 1996 et 1998, des protéines essentielles pour l’activation de l’immunité innée : les récepteurs de type Toll. Ralph Steinman, lui, a découvert en 1973 un nouveau type de cellules, qu’il a qualifiées de dendritiques, et a ensuite montré que ces cellules jouaient un rôle essentiel dans l’activation des lymphocytes T, des acteurs majeurs de l’immunité adaptative chez l’humain. Dans les années 1980, Ralph Steinman a appliqué ces découvertes fondamentales au développement d’immunothérapies du cancer. Dans des travaux menés sur la souris, il a ainsi montré qu’il était possible de manipuler les cellules dendritiques pour stimuler le système immunitaire et détruire les cellules tumorales.

Lorsque, il y a quatre ans, son cancer du pancréas a été diagnostiqué, Ralph Steinman a décidé d’appliquer ses travaux à son propre cas : il a extrait des cellules dendritiques de son sang, les a mises en culture, les a ajoutées à des cellules tumorales de son pancréas et a réinjecté l’ensemble de ces cellules dans son corps. Ce traitement a-t-il contribué à allonger sa durée de survie? Interrogé par le Wall Street Journal, l’un de ses collègues à l’université Rockfeller répond qu’“il est impossible de le savoir parce que le traitement n’a été appliqué qu’à un seul patient qui, parallèlement, était aussi sous chimiothérapie”.

Une approche similaire a été mise en œuvre par une société américaine, Dendreon, pour mettre au point une immunothérapie personnalisée dans le cancer métastatique de la prostate, le sipuleucel-T (Provenge), qui, pour la première fois dans ce domaine, a reçu une autorisation de mise sur le marché américain par la Food and Drug Administration en avril 2010. Si les essais cliniques en cours sont concluants, d’autres traitements basés sur ce type d’approche devraient voir le jour dans les prochaines années.

* Le 22 septembre, Jules Hoffman, directeur de recherche émérite au CNRS et professeur à l'Université de Strasbourg, a reçu la médaille d’or du CNRS (voir le dossier de presse pour mieux comprendre le sujet de ses recherches)

 

Enquête

 

L’AD-Santé-Net et l’INCa lancent une enquête en ligne, anonyme, afin de mieux connaître ses internautes.

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