Publication de la situation de la chimiothérapie des cancers en 2011
Ce document recense et analyse les évolutions récentes de la pratique de la chimiothérapie des cancers en France, en milieu hospitalier et à domicile. Il présente également une analyse des dépenses des molécules anticancéreuses en 2010.
03/07/2012
Le nombre de patients pris en charge par chimiothérapie augmente : plus de 260 000 malades ont reçu une chimiothérapie en 2010 (+ 20 % par rapport à 2005). Le nombre de patients traités par chimiothérapie croît ainsi plus vite que le nombre de nouveaux cas de cancers : les indications de chimiothérapies concernent une part croissante des cancers. Les cancers digestifs et les cancers du sein représentent près de la moitié du nombre de séjours et de séances pour chimiothérapie.
De janvier 2004 à avril 2012, 38 nouvelles molécules anticancéreuses ayant obtenu une première AMM européenne en cancérologie, ont été mises sur le marché en France. Les thérapies ciblées représentent 42 % de ces molécules.
Une analyse économique
Le rapport présente, par ailleurs, une analyse des dépenses des molécules anticancéreuses inscrites sur la liste des spécialités pharmaceutiques facturables en sus des prestations d’hospitalisations (liste « en sus ») en milieu hospitalier. Ces molécules onéreuses sont remboursées aux établissements de santé afin de permettre aux patients de tous les secteurs d’hospitalisation d’accéder plus équitablement à ces traitements, sous réserve de respecter des référentiels de bon usage.
Dans les établissements de santé du secteur public, les anticancéreux représentent 54 % du coût total des molécules remboursées de la liste « en sus » avec une dépense qui s’élève à 1 060 145 178 euros. En 2010, 61 % des coûts sont concentrés sur les thérapies ciblées.
Pour la première année, les données de dépenses des médicaments de la liste « en sus » des établissements de santé du secteur privé sont présentées. Les anticancéreux représentent 79,4 % des dépenses des médicaments de la liste « en sus » avec une dépense qui s’élève à 492 647 681 euros (68 % des coûts sont concentrés sur les thérapies ciblées).
Enfin, dans les établissements d’hospitalisation à domicile (HAD), les dépenses relatives aux molécules anticancéreuses de la liste « en sus » s’élèvent à 16 210 426 euros (soit 49,6 % des dépenses des médicaments de la liste « en sus »), avec 60 % de dépenses liées aux cytotoxiques et 17 % aux thérapies ciblées (23 % autres anticancéreux).
Les données de dépenses des médicaments anticancéreux du régime général délivrés en ville figurent pour la première fois dans ce rapport (pour l’année 2009). La part croissante des dépenses des médicaments anticancéreux en ville (+5 % en 2009 par rapport à 2008) est portée par les thérapies ciblées dont les dépenses croissent au fil des années. Au total, en 2009, la dépense d’anticancéreux « en ville » s’élève à 728 849 719 euros, la part des thérapies ciblées s’élevant à 44 % de ce montant.
Données européennes et internationales
L’INCa a souhaité disposer de données sur les dépenses des médicaments anticancéreux et d’éléments d’analyse sur les mécanismes d’accès à l’innovation dans d’autres pays. Une étude médicoéconomique comparative sur les molécules anticancéreuses de la liste « en sus » sur la période 2005-2009 a été réalisée dans six pays : Grande-Bretagne, Allemagne, Italie, Espagne, Suède et Etats-Unis. Elle montre notamment que la France est le premier des pays européens en termes de dépenses :
- des médicaments anticancéreux de la liste en sus par habitants (en prenant en considération les établissements MCO privés) ;
- de la part des thérapies ciblées dans les dépenses des médicaments anticancéreux de la liste en sus.
Les États-Unis restent le premier pays au monde avec le niveau de dépenses des médicaments anticancéreux par habitant le plus élevé.

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