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Point sur les conditions d’utilisation de comprimés d’iode et sur leurs risques

(18/03/2011)

L’iode est un oligo-élément naturel indispensable au bon fonctionnement la glande thyroïde,  responsable de la sécrétion d’hormones indispensables au fonctionnement de l’organisme :

En situation normale, notre organisme trouve ses apports en iode dans l’eau et les aliments. En cas d’accident sur une installation nucléaire, il peut être exposé à une forme radioactive de l’iode, l’isotope 131, un des multiples produits de la fission de l’uranium. Cet iode radioactif est susceptible de pénétrer dans l’organisme par simple respiration ou  par l’ingestion d’aliments et de boissons contaminés après l’accident, notamment le lait. Il va se fixer sur la thyroïde (dont les cellules ne font pas la différence entre les deux formes d’iode) où ses rayonnements peuvent provoquer des dégâts cellulaires susceptibles à terme de dégénérer en cancer.

 

Lorsque l’iode radioactif s’est fixé, il est constaté qu’il y a un risque accru de développer à long terme un cancer de la thyroïde chez les sujets exposés avant 18 ans :

Les effets à long terme de la présence d’iode 131 dans la thyroïde viennent de faire l’objet d’une publication dans la revue Environmental Health Perspectives. Des chercheurs ukrainiens et américains ont étudié une cohorte d’individus qui, à la date de l’accident de Tchernobyl, le 26 avril 1986, avaient moins de 18 ans (cette population est la plus vulnérable, notamment en raison de sa consommation de lait). Des mesures de la radioactivité de la thyroïde ont été effectuées, dans les deux mois suivant l’accident, sur 12 514 personnes. Si “65 cas de cancers de la thyroïde ont été diagnostiqués”, les chercheurs montrent aussi que “les risques de cancer de la thyroïde associé à l’iode 131 persistent pendant deux décennies après l’exposition et qu’ils ne semblent pas diminuer au cours de la période d’observation.”

 

La prise ponctuelle de comprimés d’iode est recommandée en cas d’accident dans une installation nucléaire pour la population avoisinante (voir le site distribution-iode.com de l’Autorité de sûreté nucléaire française) :

La prise de comprimés d’iodure de potassium permet de saturer la thyroïde en iode stable et va empêcher l’iode radioactif de se fixer pendant une durée d’environ 24 heures. L’explication de ce mécanisme permet de comprendre pourquoi, en situation d’accident, la prise de comprimés d’iodure de potassium ne doit s’effectuer ni trop tôt, ni trop tard, mais à un moment précis, déterminé par les autorités en fonction de la période d’exposition prévisible, uniquement afin de prévenir le développement d’un cancer de la thyroïde à long terme.

 

Hors de la protection de la glande thyroïde dans un contexte d’exposition importante et subite, la prise de comprimés d’iode est non seulement inutile mais fait peser des risques sur la santé :

Comme le souligne l’Organisation mondiale de la santé (OMS) répondant aux préoccupations liées au nucléaire au Japon, “les comprimés d’iodure de potassium ne sont pas des ‘antidotes contre l’irradiation’.” Ils ne protègent nullement contre les rayonnements extérieurs au corps humain, ni contre les autres substances radioactives susceptibles d’être relâchées lors d’un accident, le césium et le strontium 90 par exemple. L’OMS rappelle enfin que ces comprimés “peuvent engendrer des complications médicales chez certains sujets, par exemple les sujets présentant un dysfonctionnement rénal et, de ce fait, il ne faut commencer à prendre de l’iodure de potassium que si les autorités de santé publique le recommandent expressément.” Aux Etats-Unis, les Centers for Disease Control and Prevention* précisent sur leur page dédiée à l’iodure de potassium : les effets secondaires de la prise d’iodure de potassium peuvent être des troubles intestinaux, des réactions allergiques (possiblement sévères), des rash ou l’inflammation des glandes salivaires. Ils indiquent de plus que la prise de doses d’iodure de potassium supérieures aux recommandations, ou plus fréquentes, n’offre pas une meilleure protection mais peut causer des maladies sévères, voire mortelles.

 

Pour en savoir plus :

 

* Centres de contrôle des maladies et de prévention

 

Enquête

 

L’AD-Santé-Net et l’INCa lancent une enquête en ligne, anonyme, afin de mieux connaître ses internautes.

Merci pour votre participation !