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Mieux connaître les substances cancérogènes

Date de dernière mise à jour : 31/10/2013

Les agents susceptibles d'être cancérogènes pour l'homme sont aujourd'hui mieux identifiés et font l'objet de deux classifications principales. La classification internationale établie par le CIRC (Centre International de Recherche contre le Cancer) s'applique à l'environnement au sens large et constitue une base de référence reconnue. Environ 400 produits y sont classés en fonction des degrés de preuve de leur caractère cancérogène pour l'être humain : agent cancérogène certain, probable, possible, non classable ou probablement non cancérogène.

Les substances chimiques

Au niveau européen, la réglementation REACH, entrée en application le 1er juin 2007, vise à classifier plusieurs centaines de substances chimiques pour leurs risques cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques (substances dites CMR). Désormais, les entreprises qui produisent ou importent plus d'une tonne d'une substance chimique par an devront en évaluer les effets avant leur mise sur le marché et en déclarer le niveau de toxicité dans une base de données centralisée. Un système d'autorisation réglementé est en cours de mise en place au niveau européen pour la surveillance des substances cancérogènes.

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Les particules fines

Parmi les composants de la pollution, les études impliquent le plus souvent les particules fines (PM2.5) émises par les moteurs diesel. En juin 2012, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) les a classées dans la catégorie des cancérogènes certains pour l'homme. Aujourd'hui, les doses d'exposition sont en général faibles par rapport aux doses considérées comme étant toxiques. Toutefois, même en présence de faibles doses, la réduction des niveaux d'exposition importe. En effet, on connaît encore mal l'impact d'expositions chroniques à de faibles taux de polluants et le risque potentiel est d'autant plus important qu'il concerne de grands groupes de populations.

En octobre 2013, le CIRC a confirmé que les particules fines, composant majeur de la pollution atmosphérique, appartenaient au groupe des cancérigènes certains pour l'homme. Les experts ont également conclu, après évaluation des données les plus récentes, à l'existence de preuves suffisantes faisant état de liens entre la pollution dans son ensemble et le risque de développer un cancer. La pollution de l'air extérieur a donc également été classée dans le groupe des cancérigènes certains pour l'homme.

01 incapub-telecharger Télécharger la fiche repère Particules fines, dont diesel, et risque de cancer

Le radon

Le radon est un gaz radioactif naturel issu de la désintégration du radium qui émane du sous-sol, plus fortement dans les régions granitiques ou volcaniques. Il devient dangereux lorsqu'il s'accumule à l'intérieur des bâtiments. Les régions les plus exposées en France sont le Massif Central, les Vosges et la Bretagne. À l'origine du tiers de l'exposition de la population aux rayonnements ionisants, le radon est un facteur reconnu de cancer du poumon, qui se situe cependant loin derrière le tabac. Mais les effets nocifs du radon et du tabac se cumulent et de ce fait, le risque de cancer du poumon est majoré chez les fumeurs exposés à ce gaz.

Dans les départements où le potentiel d'émanation du radon est élevé, la mesure du radon est obligatoire dans les lieux de séjour et d'hébergement collectif. En fonction du résultat, des mesures correctives (aération, ventilation et étanchéité) doivent être mises en œuvre.

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Les pesticides

Les pesticides sont des substances ou des préparations à usage agricole destinées à protéger les végétaux. Ils ont été mis en cause dans certains types de cancers (tumeurs cérébrales, maladies malignes du sang chez les adultes, cancer de la prostate...) mais, compte-tenu notamment de la diversité des produits utilisés, il est difficile d'évaluer l'augmentation de risque de cancers due à une exposition aux pesticides.

Afin d'en savoir plus sur les niveaux d'exposition et les risques liés à ces substances, une enquête, l'enquête AGRICAN, a été lancée en 2005 auprès de 180 000 assurés agricoles. Ses premiers résultats montrent que le risque de décéder d'un cancer est globalement moins important dans cette population que dans la population générale. On observe toutefois une surmortalité modérée pour les mélanomes malins qui peut s'expliquer en partie par le travail en plein air, ainsi que pour les cancers de l'œsophage et les hémopathies malignes chez les femmes. Mais l'enquête n'établit pas de lien avec l'exposition aux pesticides.

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Les perturbateurs endocriniens

Les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques d'origine naturelle ou artificielle étrangères à l'organisme qui peuvent interférer avec le fonctionnement du système hormonal et induire ainsi des effets néfastes sur cet organisme ou sur ses descendants. Il s'agit par exemple de certains pesticides (comme le chlordécone), des composants des plastiques comme les phtalates et le bisphénol A. Très nombreux, ils sont présents dans l'eau, l'alimentation, l'air et certains produits industriels (médicaments, cosmétiques...).

Bien que les effets sur la santé humaine de l'exposition à de faibles doses de perturbateurs endocriniens soient sujets à controverse, un certain nombre d'affections sont aujourd'hui suspectées d'être la conséquence de l'exposition à ces substances, tels les cancers hormono-dépendants : cancers thyroïdiens, de la prostate, du sein et de l'ovaire, du testicule. Mais les liens de cause à effet sont difficiles à établir du fait non seulement des faibles doses mais aussi de la chronicité de l'exposition.

Mis en place en 2005, le Programme National de Recherches sur les Perturbateurs Endocriniens (PNRPE) a pour objectif de soutenir des recherches fondamentales et appliquées en appui à l'action publique sur les questions ayant trait à la perturbation endocrinienne.

  • Le chlordécone est un perturbateur endocrinien, classé comme potentiellement cancérigène pour l'homme par le Circ (groupe 2B). Il a été largement utilisé dans les Antilles françaises entre 1973 et 1993 pour combattre le charançon du bananier. Très stable dans l'environnement, il est à l'origine d'une importante pollution des sols et des eaux et peut contaminer certaines denrées animales et végétales. De ce fait, les habitants de ces régions sont toujours exposés au chlordécone, pour lequel des études ont montré dès 1989 le caractère cancérigène chez le rat et la souris. Par ailleurs, une étude a montré une possible association entre exposition au chlordécone et survenue d'un cancer de la prostate. Dans ce contexte, les Pouvoirs publics ont lancé un deuxième plan d'action contre la pollution par le chlordécone en Guadeloupe et en Martinique.
  • Le bisphénol A est largement utilisé dans la fabrication des matières plastiques. L'alimentation contribue à plus de 80% de l'exposition de la population : le bisphénol A est notamment présent dans les bouteilles plastiques, les biberons, les canettes de boisson, les capsules de bouteilles. On le retrouve également dans le sang et l'urine de la quasi-totalité des populations européennes, dans le lait maternel, le liquide amniotique. Il est également présent dans certains papiers thermiques (tickets de caisse, reçus de carte bancaire...), et en particulier dans un cadre professionnel. Un rapport de l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l'Alimentation, de l'Environnement et du Travail (ANSES) publié en avril 2013 montre un risque potentiel pour l'enfant à naitre des femmes exposées. Les effets identifiés portent sur une modification de la structure de la glande mammaire chez l'enfant à naître, qui pourrait favoriser un développement tumoral ultérieur. Il n'existe cependant pas de certitude absolue dans l'état actuel des connaissances. Par précaution, en France depuis le 30 juin 2010, et au niveau européen depuis juin 2011, la fabrication, l'exportation et la mise sur le marché de biberons à base de bisphénol A a été interdite. L'utilisation du bisphénol A dans les contenants alimentaires pour les produits destinés aux enfants de moins de trois ans est interdite depuis le 1er janvier 2013. Elle le sera le 1er janvier 2015 pour les autres produits.

L'Anses a édicté des conseils pour reconnaître les contenants et ustensiles contenant du bisphénol A, ainsi que des recommandations d'usage. Par ailleurs, le Ministère chargé de la santé et l'Anses ont publié des recommandations aux femmes enceintes et aux parents de jeunes enfants.

Tant qu'il n'existera pas de substituts ayant fait la preuve de leur efficacité et de leur innocuité, quelques recommandations sont préconisées pour réduire l'exposition aux perturbateurs endocriniens :

  • Ne pas chauffer directement les aliments dans les emballages plastiques
  • de stocker longtemps et à température élevée les eaux minérales dans les bouteilles plastiques libérant des phtalates ;
  • Conseiller aux caissières manipulant des tickets de caisse thermiques (certains contiennent du bisphénol A) de porter des gants, surtout si elles sont enceintes ;
  • Diminuer lorsque cela est possible l'utilisation des emballages plastiques contenant du Bisphénol A ou des phtalates qui exposent les enfants, polluent ; l'environnement et augmentent le volume des déchets. Les bouteilles en verre recyclables ont démontré leur innocuité pour la santé.

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