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Téléphones mobiles et santé : que savons-nous ?

 

Date de dernière mise à jour : 24/06/2011

 

Quelles sont les ondes utilisées pour le téléphone mobile ?

Les téléphones mobiles émettent des radiofréquences (RF) qui font partie des ondes électromagnétiques.

Au début des années 1980, les systèmes de téléphonie mobile ne s'appuyaient pas encore sur une technologie numérique : ils étaient de nature « analogique » et faisaient appel à des fréquences de 400 ou 900 MHz.

Apparus au début des années 1990, les systèmes numériques dominent actuellement le marché des télécommunications. En Europe, le système GSM qui utilise la fréquence de 900 MHz a d’abord été lancé, suivi en 1997 par le système DCS qui utilise la fréquence de 1800 MHz (GSM 1800). Au cours des dernières années, des téléphones et des réseaux «bibandes» utilisant indifféremment les fréquences de 900 et 1 800 MHz ont été développés. Les dernières générations de téléphones portables (3G ou UMTS) font appel à des champs de radiofréquences de 1900 et 2100 MHz. Ces ondes se différencient de celles utilisées dans les fours à micro-ondes, dont la fréquence est un peu plus élevée (2450 MHz). Ces dernières ont pour effet majeur le réchauffement des molécules d'eau présentes dans les aliments, uniquement parce que leur puissance d’émission est considérablement plus élevée.

Depuis leur apparition, les évolutions technologiques des téléphones mobiles ont permis une réduction du niveau des expositions des utilisateurs, notamment grâce à une diminution de la puissance maximale d’émission des téléphones et à un meilleur contrôle de la puissance nécessaire au bon fonctionnement des appareils au cours des appels.

Les radiofréquences émises par le téléphone mobile se propagent jusqu’à une antenne-relais (station de base) qui couvre une portion de territoire (cellule). Le déplacement de l’utilisateur provoque la prise de relais successifs par plusieurs stations de base. La puissance d’émission est régulée en fonction de la distance à l’antenne relais. C’est lors de l’utilisation d’un mobile en situation de déplacement que l’exposition aux RF est la plus élevée ou bien lors d’une conversation dans un lieu de médiocre réception qui astreint l’antenne-relais et le mobile à rester à des niveaux de puissance élevés.

 

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Est-ce que ces ondes sont nocives ?

A des niveaux très élevés, les champs de radiofréquence sont susceptibles de provoquer des effets thermiques (dus à l'échauffement). Ayant une puissance faible, les champs émis par les téléphones mobiles, comme par bien d'autres sources telles que leurs antennes relais ou les émetteurs de radiodiffusion, ne permettent pas d'observer d'effets thermiques, que ce soit dans des études sur des cellules en culture ou sur des animaux. Ces champs sont également trop faibles pour provoquer, sur l'ADN des cellules, des mutations associées à un risque de cancer. A l'heure actuelle, on ne connaît pas les mécanismes par lesquels ces champs seraient susceptibles d'engendrer des effets biologiques. Ce qui, bien sûr, ne signifie pas qu'ils n'existent pas. Quoi qu'il en soit, de nombreuses expérimentations chez l'animal n'ont pas permis de mettre en évidence d'effets cancérigènes.

Selon le rapport de l’Afsset publié en octobre 2009, les résultats des études biologiques et cliniques expérimentales, pour des expositions non-thermiques, à des radiofréquences supérieures à 400 MHz (correspondant à celles utilisées par les téléphones mobiles) convergent vers une absence d’effet cancérogène ou co-cancérogène. En ce qui concerne les études épidémiologiques, le niveau de preuve est insuffisant pour conclure à une augmentation du risque de tumeur intracrânienne liée à l’utilisation régulière du téléphone mobile.

 

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Est-ce que l'on sait si le téléphone mobile expose à certains cancers ?

En l'état actuel des connaissances, la communauté scientifique n'a pas établi un lien entre l'utilisation de téléphones mobiles et un risque accru de cancer. De nombreuses études ont été publiées, mais leurs résultats sont pour l'instant débattus et contradictoires. Cette situation est inhérente au sujet : la faiblesse de l'effet potentiel, la difficulté de caractériser le lien entre l'exposition et la longue durée de développement d'un éventuel cancer rendent les études épidémiologiques particulièrement difficiles à mener. Le CIRC, dépendant de l'OMS, a lancé en 1999 une vaste étude cas-témoins internationale multicentrique dans 13 pays, l’étude Interphone. Plusieurs résultats partiels ont été publiés en France, en Scandinavie, en Allemagne, au Japon et en Israël : ils identifient soit un risque faible, soit l'absence de risque. L’étude Interphone est à ce jour la plus grande étude cas-témoins menée sur les rapports entre l’utilisation du téléphone portable et les tumeurs cérébrales et elle réunit le plus grand nombre d’utilisateurs cumulant au moins 10 années d’exposition.

En mai 2010, le Groupe d’étude Interphone a publié une synthèse globale des résultats obtenus dans  les 13 pays participant à l’étude (1). Cette synthèse n’a pas mis en évidence d’augmentation du risque relatif de gliomes et de méningiomes dix ans et plus après la première utilisation de téléphone portable. Un risque relatif accru de gliomes –et dans une bien moindre mesure de méningiomes- a été suggéré dans le plus haut décile de temps d’appel cumulé (≥1640 heures depuis la première utilisation) mais il y a dans ce groupe des valeurs non plausibles d’utilisation déclarée. Le risque relatif pour les gliomes tendait à être plus élevé  chez les sujets ayant déclaré une utilisation habituelle du téléphone du même côté que celui de leur tumeur. Pour les gliomes, l’augmentation du  risque relatif  semblait plus élevée pour les tumeurs situées dans le lobe temporal par rapport aux autres lobes du cerveau. Toutefois, les biais et les erreurs limitent la force des conclusions que l’on peut tirer de ces analyses et ne permettent pas d’établir une relation causale. Le Groupe d’étude Interphone estime cependant nécessaire de mener des études sur les effets à long terme de l’usage intensif du téléphone portable. L’étude Interphone se poursuit avec d’autres analyses portant sur l’usage du téléphone portable et des tumeurs du nerf acoustique (neurinome de l’acoustique) et des glandes parotides.

Une autre étude, publiée en juin 2010 dans le British Medical Journal (2), n’a pas retrouvé d’association entre le risque de cancers précoces  pédiatriques et l’exposition maternelle pendant la grossesse aux ondes émises par les antennes-relais de téléphonie mobile.

Par ailleurs, le Centre de Recherche en épidémiologie environnementale (CREAL) coordonne le projet « MobiKids », financé par l’Union européenne, qui étudie le risque de tumeurs cérébrales lié à l’utilisation du téléphone portable dans l’enfance et l’adolescence.

En attendant de nouveaux résultats, le doute prévaut et les autorités sanitaires recommandent d'adopter une approche de précaution.

(1) Brain tumour risk in relation to mobile telephone use: results of the INTERPHONE international case–control study. The INTERPHONE Study Group. doi:10.1093/ije/dyq079
http://ije.oxfordjournals.org/cgi/content/abstract/dyq079

(2) Mobile phone base stations and early childhood cancers: case-control study. P. Elliott et coll. BMJ 2010; 340:c3077

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Est-ce que les enfants seraient plus sensibles aux radiofréquences ?

Si des effets sanitaires étaient mis en évidence, les enfants pourraient être plus sensibles: leur crâne est de plus faible dimension que celui des adultes et leur organisme est en cours de développement. De plus, arrivés à l'âge adulte, ils auront été exposés plus longtemps aux champs émis par les téléphones mobiles. Les parents d'enfants ou d'adolescents disposant d'un téléphone mobile devraient donc les encourager à un usage modéré du téléphone mobile, qui devrait être réservé aux appels essentiels, et veiller à les informer sur les moyens permettant de réduire leur exposition, comme l'utilisation d'écouteurs ou de kit mains libres.

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Quelles sont les précautions et recommandations concernant l'utilisation du téléphone portable ?

Des mesures ont été diffusées dès 2007 par le Ministère de la Santé :

  • ne pas téléphoner en conduisant : des études épidémiologiques ont en effet mis en évidence que l'utilisation d'un téléphone mobile au volant, avec ou sans kit mains libres, augmentait considérablement le risque d'accidents causés par la distraction du conducteur. Cette augmentation du risque est comparable à celle induite par un taux d'alcoolémie élevé ;
  • Etre vigilant dans les zones de mauvaise réception : pour maintenir constante la qualité de transmission, le téléphone ajuste automatiquement sa puissance d'émission et donc le niveau d'exposition ;
  • Eviter de téléphoner en se déplaçant : lorsqu'on se déplace, le téléphone mobile entre successivement en relation avec différentes stations de base. A chaque fois qu'il doit rechercher un nouveau relais, il élève sa puissance d’émission au niveau maximal.
  • Utiliser le téléphone mobile avec discernement : éviter les conversations inutiles ou trop longues, car une communication prolongée augmente la durée de l'exposition aux radiofréquences.
  • Conseiller à ses enfants un usage modéré du téléphone mobile : il existe un doute sur la possibilité d’effets sanitaires associés à l’exposition directe du crâne aux champs des téléphones mobiles.
  • Eloigner l’appareil des zones sensibles du corps : un kit mains libres limite l’exposition de la tête aux radiofréquences.

 

Suite à la publication de l’étude Interphone et en l’absence d’études complémentaires, les autorités sanitaires françaises, en mai 2010, ont rappelé ces recommandations d’utilisation de ces dispositifs  et les règles de « bon usage » du téléphone mobile. Ce sont ces mêmes comportements préventifs qui ont été préconisés par le CIRC en juin 2011.

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Que font les Pouvoirs Publics sur ce sujet ?

Les actions engagées depuis plusieurs années par les pouvoirs publics, notamment le ministère chargé de la santé, ont trois objectifs :

  • Soutenir les études et recherches sur les effets sanitaires des radiofréquences, notamment en s'impliquant dans la réalisation par l'OMS d'une synthèse de l'ensemble des résultats de ces études afin d'en tirer des conclusions scientifiquement validées (étude Interphone) ; en demandant à l'Anses  de réaliser une mise à jour de son expertise sur les risques liés à l'exposition aux radiofréquences tenant compte des différentes études parues sur le sujet, tant en matière d'exposition que d'impact sanitaire. Une  mise à jour a été publiée en octobre 2009.  Dans ce contexte, l’Anses  a également installé le 15 juin 2011 un comité de dialogue « radiofréquences et santé » qui a pour mission d’identifier les attentes de la société en matière de recherche, d’expertise et d’information sur ce thème. Cette initiative vient compléter la mise en place du groupe de travail permanent «radiofréquences et santé» et la création d’un programme de recherche dédié visant à contribuer notamment à répondre aux questionnements scientifiques soulevés par l’usage des radiofréquences.
  • Renforcer la réglementation afin d'assurer la transparence et le contrôle des expositions ;
  • Mieux informer la population et les collectivités locales sur les effets sanitaires des champs électromagnétiques et les niveaux d'exposition.
  • Une table ronde « radiofréquences, santé, environnement » a été organisée par le gouvernement en avril 2009 avec l’ensemble des parties prenantes  pour répondre aux questions que posent les nouvelles technologies de communication sans fil (téléphones mobiles, Wifi, etc.).  À l’issue de cette Table ronde, le gouvernement a retenu 10 orientations en termes d’information accessible au grand public, de communication ciblée auprès des élus locaux et professionnels de santé, de prise en charge des personnes hypersensibles, de démarche de précaution, de suivi et de contrôle des valeurs limites d’exposition, de recherche. Ce travail se poursuit avec la mise en place d’un comité de suivi et de mise en œuvre des actions.

 

 

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