Environnement
Date de dernière mise à jour : 05/04/2012
Les liens entre certains cancers et des substances ou des situations à risque présentes dans l'environnement font l'objet de plus en plus de recherches et de publications. Certains de ces liens sont avérés, d'autres sont en cours d'investigation, quand d'autres sont plus appréhendés ou pressentis que vérifiés scientifiquement. Des mesures de santé publique au travers de différents plans nationaux ont été prises afin de mieux connaître et de limiter l'impact des expositions à des facteurs de risque cancérogène présents dans l'environnement. Sur le plan international, l'OMS a organisé en mars 2011 à Aviles (Asturies) une première conférence sur les déterminants environnementaux et professionnels des cancers afin d'établir un cadre européen pour une politique de prévention primaire des cancers liés à ces déterminants. Lors de cette rencontre, la charte « call for action » a été signée.
Généralités
De nombreuses recherches scientifiques sont menées pour étudier l'influence des agents physiques, chimiques ou biologiques suspectés d'être à l'origine de cancers. Cependant, des incertitudes subsistent car faire la preuve du caractère cancérogène d'une substance et évaluer son impact sur la survenue de cancers est une tâche très complexe. En effet, il est très difficile d'isoler les déterminants environnementaux et d'en mesurer l'impact alors qu'un cancer peut résulter d'expositions simultanées, successives ou cumulées à plusieurs facteurs. De plus, le temps écoulé entre l'exposition au risque et l'apparition de la maladie peut être de plusieurs dizaines d'années. Par ailleurs, il est complexe d'estimer le risque de cancers associés à des facteurs de risque de niveau relativement faible mais chronique. Toutes ces difficultés expliquent la coexistence d'études aux résultats discutés et parfois contradictoires. Ainsi, la complexité du sujet, les différentes définitions de la notion d'environnement et les incertitudes scientifiques rendent difficile l'affirmation de chiffres et peuvent conduire soit à surestimer, soit à sous-évaluer l'impact de l'environnement dans les causes de cancers, compte tenu notamment :
- des expositions multiples, de l'importance du niveau, de la durée d'exposition et de la fenêtre d'exposition, des cofacteurs identifiés à pénétrance variable ;
- des incertitudes concernant les effets de seuils
Les préoccupations croissantes de la population au sujet du lien entre l'environnement et la santé, et en particulier vis-à-vis de l'impact d'un environnement dégradé sur les maladies, au premier rang desquelles figure le cancer, ont été mises en lumière dans différentes publications, notamment le premier Baromètre cancer environnement (Menard C. 2008). Le second baromètre cancer, dont la publication est prévue courant 2012, étudie la perception de la population sur les risques environnementaux et les cancers, notamment sur les risques émergents (avérés ou non), le radon, et les UV artificiels et solaires.
La part de l’environnement dans la survenue des cancers : un impact difficile à évaluer.
Les estimations quantitatives du poids des facteurs environnementaux dans la survenue des cancers (fraction attribuable à l'environnement dans les cancers) varient fortement, notamment en fonction de la définition et des limites attribuées au champ de l'environnement. Selon le Plan national santé environnement (PNSE), la notion d'environnement renvoie aux expositions subies à des agents physiques, biologiques, chimiques présents dans les lieux de vie et de travail, ainsi que les effets des événements météorologiques extrêmes. L'OMS adopte une vision plus globale, intégrant différents aspects de la santé humaine, y compris la qualité de vie, qui est déterminée par les facteurs physiques, chimiques, biologiques, sociaux, psychosociaux et esthétiques de notre environnement.
| Facteurs imputables | Sources diverses (BEH 41-42, Environnement et Santé publique 2003) | OMS 2006 | Circ 2007 |
|---|---|---|---|
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| Contaminants environnementaux présents dans l’air, l’eau, les sols | 5 à 10 %
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19 % (12-29 %)
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Une meilleure connaissance des substances cancérogènes.
Les agents susceptibles d'être cancérogènes pour l'homme sont aujourd'hui mieux identifiés et font l'objet de deux classifications principales. La classification internationale établie par le CIRC (Centre International de Recherche contre le Cancer) s'applique à l'environnement au sens large et notamment aux agents, groupes d'agents, mélanges et circonstances d'expositions cancérogènes et constitue une base de référence reconnue. Environ 400 produits y sont classés en fonction des degrés de preuve de leur caractère cancérogène pour l'être humain :
- Groupe 1 : Agents cancérogènes pour l'homme ;
- Groupe 2A : Agents probablement cancérogènes pour l'homme ;
- Groupe 2B : Agents peut-être cancérogènes pour l'homme ;
- Groupe 3 : Agents inclassables quant à leur cancérogénicité pour l'homme ;
- Groupe 4 : Agents probablement non cancérogènes pour l'homme.
Une autre classification existe au plan européen. Elle est dictée par la directive européenne 67/548/CEE concernant la classification, l'étiquetage et l'emballage des substances dangereuses, dont les substances classées cancérogènes, mutagènes et/ou toxiques pour la reproduction (CMR) qui a été modifiée par le règlement européen (CE) n° 1272/2008 du 16 décembre 2008. Elle est devenue opposable à compter du 1er décembre 2010 et s'impose à l'ensemble des pays européens.
Elle ne concerne que les substances chimiques et définit les catégories suivantes :
- 1A (cancérogène avéré pour l'être humain) ;
- 1B (cancérogène supposé pour l'être humain) ;
- 2 (substances suspectées d'être cancérogènes pour l'être humain).
Par ailleurs, le règlement européen Reach (Registration, Evaluation and Authorisation of CHemicals), dont l'application concerne les agents chimiques, est obligatoire depuis le 1er juin 2008. Ce règlement inverse la charge de la preuve sur la toxicité des produits chimiques, en transférant la responsabilité de prouver l'innocuité des substances aux industriels. Il prévoit quatre mesures :
- l'enregistrement des produits chimiques les plus dangereux en particulier les substances CMR produites ou importées à plus d'une tonne par an ;
- l'évaluation des produits ;
- l'autorisation des substances identifiées comme très préoccupantes pour la santé humaine et/ou l'environnement (« SVHC » : Substances of Very High Concern ») avant leur mise sur le marché ;
- des restrictions à la production et à l'utilisation de certaines substances.
La première phase du règlement Reach s'est s'achevée le 30 novembre 2010 pour l'enregistrement des substances les plus dangereuses (substances CMR) au-delà de une tonne par an, des substances considérées dangereuses pour la santé humaine et l'environnement au-delà de 100 tonnes par an et des autres substances fabriquées ou importées au-delà de 1 000 tonnes par an. Passé cette date, il est illégal de fabriquer ou d'importer dans l'Union européenne une substance répondant à ces critères non enregistrée.
Les moyens d’agir pour prévenir les cancers environnementaux et professionnels.
Malgré les incertitudes sur certains facteurs de risque de cancers liés à l'environnement (lieu de vie et de travail), le principe de précaution requiert de ne pas attendre que la science ait fourni toutes les réponses pour agir. En certaines circonstances, des mesures de précaution doivent donc être adoptées vis-à-vis des populations exposées à des agents suspectés d'être cancérogènes, même si la recherche n'a pas encore pleinement prouvé le lien de cause à effet. Les moyens d'agir pour prévenir les cancers environnementaux et professionnels sont principalement de deux ordres : d'une part, développer les réglementations et les contrôles appropriés pour maîtriser les risques identifiés ; d'autre part, accroître les connaissances et développer la veille scientifique sur les substances à risque et leur impact sur la survenue de cancers. Dans la mesure du possible, des produits ou des procédés de substitution doivent être proposés. Au cours des dernières décennies, des mesures ont ainsi collectivement été mises en œuvre pour limiter l'exposition des populations à des substances cancérogènes dans l'environnement général et professionnel : réduction à la source des émissions de polluants, mesures de protection des milieux, substitution de produits ou de procédés industriels...
Concernant la gestion des risques et suite au Grenelle de l'environnement qui s'est tenu en 2007, différentes actions publiques ont été mises en œuvre. Le Plan national santé environnement 2 (PNSE2 2009-2013) s'oriente autour de la réduction des inégalités environnementales et vise à établir des priorités en matière de santé environnement en donnant une vision globale de cette thématique et une cohérence entre les plans institutionnels. Il comprend 16 fiches et 58 actions, qui portent entre autres sur la réduction des émissions de particules, des substances toxiques dans l'air et dans l'eau ; sur la qualité de l'air intérieur ; la protection des contaminations environnementales liées à l'eau ; la réduction de l'exposition au radon et à l'amiante naturellement présents dans l'environnement. Le PNSE 2 a notamment pour objectif de réduire de 30 % les émissions aqueuses et atmosphériques de benzène, HAP, PCB et dioxines, arsenic, mercure et solvants chlorés entre 2007 et 2013. Le comité de suivi de ce plan est chargé de réaliser un bilan annuel de l'avancée du plan et de proposer des recommandations destinées à améliorer sa mise en œuvre, à le compléter, en fonction notamment des nouvelles connaissances sur les risques sanitaires environnementaux.
Documents à télécharger
Fiche repère Environnement et cancers (1.17 MB)- Plan national de surveillance du mésothéliome : Rapport de l’InVS Présentation générale et bilan des premières années de fonctionnement (1998-2004)
- PNSE
- PNSE 2
- Etude d’impact sur le projet de loi Engagement national pour l’environnement
- Projet de loi de programme relatif à la mise en oeuvre du Grenelle Environnement
- Avis de l'Afsset Cancers et environnement
- Expertise collective de l'Inserm Cancer et environnement
- Classification du CIRC
Textes de référence
- Directive européenne 67/548/CEE relative à la classification, l’étiquetage et l’emballage des substances dangereuses
Liens utiles
- OMS : Call for action
- Ministère de la santé et des sports : www.sante-jeunesse-sports.gouv.fr
- Ministère du travail, des relations sociales, de la famille et de la solidarité : www.travail-solidarite.gouv.fr
- Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de la Mer : www.developpement-durable.gouv.fr
- Grenelle Environnement : www.legrenelle-environnement.gouv.fr
- INSERM, dossier sur "Cancers et environnement" : www.inserm.fr
- InVS : www.invs.sante.fr
- ANSES : www.anses.fr
- CIRC : www.iarc.fr/indexfr.php
- Portail Cancer et environnement :www.cancer-environnement.fr
- MSA : www.msa.fr
- Le "Plan Sécurité au Travail" sur le site de la MSA : http://www.msa.fr/front/id/msafr/S1096561018128/S1109261056384/S1109261056447/publi_Plan-Sante-Securite-Travail-2011-2015.html
- Le site documentaire de la MSA : http://references-sante-securite.msa.fr/
Actualités
- L’INCa co-organise le colloque Nutrition and cancer : hot topics from biology to public health issues (17/04/13),
- L’INCa met en ligne deux outils pour la prévention des cancers professionnels (16/04/13),
- Bisphénol A et risques sanitaires (09/04/13),
- Lancement de l’appel à projets de recherche MILDT - INCA - Université Paris 13 - "Prévention, drogues & société" (15/03/13),
- 15 200 décès par cancer attribuables à l’alcool en France en 2009 (05/03/13),
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