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Deux études estiment le risque de surmortalité et de cancers secondaires après un cancer de l’enfance

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(20/07/2010)

 

 

 

Une étude britannique parue dans le Journal of the American Medical Association (JAMA)1 montre qu'une surmortalité spécifique par second cancer, maladies cardiovasculaires et respiratoires persiste 45 ans après un cancer de l'enfance. Une autre étude, américaine, parue dans le JNCI (Journal of the National Cancer Institute)2 met en lumière un risque accru de second cancer chez les patients atteints d'un cancer dans l'enfance.

 

Alors que la survie globale des patients atteints d'un cancer de l'enfance s'est notablement améliorée, leur taux de mortalité demeure toutefois plus élevé que celui de la population générale pendant de nombreuses années au-delà de la période de survie initiale de 5 ans. Mais on ignorait jusqu'à présent si ce risque subsistait 25 ans après le diagnostic de cancer, et l'étude britannique est la plus importante sur ce sujet en termes de cohorte et de recul.
Elle porte sur 17 981 enfants âgés de moins de quinze ans chez lesquels le diagnostic de cancer a été porté entre 1940 et 1991 en Grande-Bretagne, et qui ont survécu au moins cinq ans à leur maladie.
Globalement, les auteurs ont observé dans cette population un nombre de décès onze fois supérieur à celui attendu dans la population générale. Si l'excès de mortalité diminue avec le temps, il demeure trois fois supérieur à la normale 45 ans après le diagnostic initial.
Les causes de décès les plus fréquentes sont les seconds cancers et les maladies cardiovasculaires, qui sont en grande partie attribuables aux traitements du premier cancer (radiothérapie et chimiothérapie).
Cette étude montre donc l'importance d'un suivi à très long terme pour les patients traités pour un cancer dans l'enfance.

 

La seconde étude a porté sur l'incidence et le risque de second cancer survenant 5 ans ou plus après un diagnostic de cancer porté durant l'enfance. La cohorte étudiée comporte 14 359 patients (The Childhood Cancer Survivor Study). Elle montre que l'excès de risque de second cancer augmente avec l'âge, et que l'incidence de ces cancers est élevée 30 ans après le diagnostic initial.
Ce risque, plus important après un lymphome de Hodgkin ou un sarcome d'Ewing, ne semble pas diminuer avec le temps, et diffère selon le sexe et l'age du diagnostic initial. Le risque de cancers du sein ou de la thyroïde est accru chez les femmes tandis que celui de méningiome, de tumeur maligne du système nerveux central, de sarcome et de cancer de la thyroïde l'est chez les patients qui avaient moins de 10 ans lors du diagnostic initial.
Tout comme dans l'étude précédente, les auteurs estiment qu'une partie de ces cancers est attribuable aux traitements initiaux. Ils considèrent qu'un suivi à très long terme est indispensable pour les patients atteints d'un cancer de l'enfance qui, une fois adultes, n'ont pas conscience de courir un risque particulier et de ce fait, ne se font pas suivre régulièrement et ne se soumettent aux dépistages des cancers.

 

(1) Long-term Cause-Specific Mortality Among Survivors of Childhood Cancer. R. C. Reulen et al. JAMA. 2010; 304(2): 172-179 (résumé)
(2) Subsequent Neoplasms in 5-Year Survivors of Childhood Cancer: The Childhood Cancer Survivor Study. Debra L. Friedman et al. (résumé)