L’INCa publie un rapport sur « UV (artificiels et solaires), vitamine D et cancers non cutanés »
21/11/2011
Dans le cadre de l'action 12-5 du Plan cancer 2009-2013 portant sur le renforcement de la prévention à l'exposition aux rayonnements UV naturels et artificiels, l'INCa vient de publier, suite à une saisine de la Direction générale de la santé (DGS), un rapport sur « UV (artificiels et solaires), vitamine D et cancers non cutanés ». En 2010, l’INCa avait déjà publié un rapport sur les risques de cancer encourus lors de la pratique du bronzage par lampe UV (1). Cette publication fait suite à la diffusion d’informations évoquant un effet potentiellement protecteur du rayonnement UV sur des cancers non cutanés via la production de vitamine D.
L’analyse des données scientifiques par l’INCa en 2011 conforte les conclusions du rapport « vitamine D et cancer » publié en 2008 par le Centre international de recherche contre le cancer (CIRC) (2).Le rapport de l’INCA précise que :
- l’hypothèse selon laquelle le rayonnement UV est un facteur protecteur contre certains cancers (sein, prostate ou côlon) ne repose que sur des études de faible niveau de preuve ;
- la relation entre vitamine D par l’organisme et certains cancers reste à éclaircir et semble contradictoire en fonction du cancer considéré (diminution du risque de cancer colorectal mais augmentation du risque de cancer du pancréas pour les doses élevées de vitamine D) ;
- la recherche sur les effets extra-osseux de la vitamine D doit être poursuivie avant que de nouvelles valeurs optimales puissent être recommandées pour la population générale. Il est rappelé que des expositions solaires courtes suffisent pour produire la vitamine D nécessaire à l’organisme (5 à 10 minutes, 2 à 3 fois par semaine, des avant-bras et du visage pour un individu à peau claire). En outre, il existe des populations à risque de carence (nouveau-nés, enfants, personnes âgées, femmes enceintes, …) pour lesquelles des recommandations de supplémentation orale existent;
- certains travaux, réalisés sur un faible échantillon, établissent un lien entre production de vitamine D et expositions aux UV artificiels. Toutefois, aucune étude n’a été menée sur des appareils correspondant aux caractéristiques strictement définies par la réglementation française. Les résultats obtenus ne peuvent donc pas être transposés en l’état aux appareils mis à disposition du public en France. La réévaluation des seuils de vitamine D ne pourrait, en aucun cas, conduire à recommander la pratique du bronzage par UV artificiels dont l’utilisation, à visée esthétique, présente un risque cancérogène avéré sur la peau.
L’INCa rappelle que la pratique du bronzage par UV artificiels est fortement déconseillée, qu’elle ne peut faire référence à un quelconque bénéfice pour la santé et que les dispositions règlementaires françaises (3) ne permettent pas d’éliminer le risque de cancer associé à cette pratique. Le rayonnement émis par les installations de bronzage artificiel a été classé dans la catégorie des « cancérogènes certains pour l’homme » en 2009 par le Centre international de recherche sur le cancer.


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- Consulter la rubrique « Cabine UV et risques de cancer »
(1) Installation de bronzage UV : état des lieux des connaissances sur les risques de cancer », INCa, 2010
(2) Vitamin D and Cancer, CIRC, 2008
(3) Décret 97-617 relatif à la vente et à la mise à disposition du public de certains appareils de bronzage utilisant des rayonnements ultraviolets
Enquête
L’AD-Santé-Net et l’INCa lancent une enquête en ligne, anonyme, afin de mieux connaître ses internautes.
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