Se protéger du risque UV : des réponses à vos questions
Date de dernière mise à jour : 29/06/2010
- La crème solaire suffit-elle à protéger la peau du soleil ?
- Est-il important de continuer à se protéger même quand on est bronzé ?
- Sommes nous tous égaux face au risque de cancers cutanés ?
- Comment adapter son comportement en fonction de l'intensité du soleil ?
- Les cancers de la peau augmentent-ils à cause du trou dans la couche d'ozone ?
- Les auto-bronzants, les compléments alimentaires et les séances d'UV artificiels préparent-ils la peau au soleil ?
- Pourquoi faut-il se protéger même par temps nuageux ?
La crème solaire suffit-elle à protéger la peau du soleil ?
Non.
Il est important de se protéger avec des vêtements (tee-shirt, chapeau) en plus de la crème solaire. En effet, même les produits solaires les plus efficaces ne filtrent pas la totalité des rayons ultraviolets : l'« écran total » n'existe pas.
Est-il important de continuer à se protéger même quand on est bronzé ?
Oui.
Le bronzage acquis par le biais d'une exposition solaire est une « barrière » naturelle fabriquée par la peau pour se protéger des UV. Mais cette barrière est superficielle. Elle ne filtre qu'une partie des UV. Une peau bronzée risque donc moins les coups de soleil, mais elle ne protège pas contre le vieillissement cutané et ne limite qu'en partie le risque de cancer. Même bronzé, il est donc nécessaire de continuer à se protéger.
A la différence du soleil, les séances d'UV artificiels induisent une pigmentation de la peau non associée à la création de cette barrière protectrice. Elles ne peuvent donc prétendre préparer la peau au soleil.
Les personnes à la peau, aux cheveux et aux yeux clairs bronzent peu ou pas du tout. Leur système de défense vis-à-vis du soleil est plus faible. Pour les personnes qui sont dans ce cas, inutile d'insister : si elles restent longtemps au soleil, elles ne feront que rougir et développer un coup de soleil grave.
Sommes nous tous égaux face au risque de cancers cutanés ?
Non.
Outre les enfants, certaines personnes sont plus exposées aux effets cancérogènes des rayons UV. Le type de peau (ou « phototype ») est un critère important et une vigilance particulière est recommandée aux personnes à peau claire et cheveux roux ou blonds, qui bronzent difficilement. La présence de grains de beauté nombreux (plus d'une cinquantaine) ou atypiques (larges, irréguliers) et les antécédents personnels ou familiaux de cancers de la peau doivent également conduire à se montrer très prudent. Les personnes travaillant en extérieur sont, elles aussi, particulièrement exposées aux effets des rayons UV.

Comment adapter son comportement en fonction de l'intensité du soleil ?
Le risque de cancer n'est pas lié à la sensation de chaleur, mais à l'intensité des rayons UV.
Les rayons UV ne chauffent pas et l'on ne se rend pas forcément compte de leur présence. Il faut donc se méfier des fausses impressions de sécurité lorsqu'il fait plus frais : les rayons UV peuvent être très forts sous un ciel nuageux, avec du vent ou après une baignade rafraîchissante.
L'indice universel de rayonnement UV solaire est un outil pédagogique qui représente l'intensité du rayonnement ultraviolet solaire en fonction du risque qu'elle représente pour la santé : risque de lésions cutanées et oculaires. Cet index est préconisé par l'Organisation Mondiale de la Santé et par l'organisation météorologique mondiale. En Europe, en période estivale, l'indice UV atteint généralement des niveaux de l'ordre de 7 ou 8. On peut atteindre un indice UV 10 en haute montagne ou sous les tropiques.
Source : L'Indice Universel de Rayonnement UV Solaire - Guide Pratique, 2002, OMS
En France, l'association Sécurité Solaire, centre collaborateur de l'OMS, diffuse en période estivale les prévisions d'indice UV effectuées par Météo-France au public et aux médias pour permettre l'adoption de conduites de précautions adaptées aux risques encourus.
Les cancers de la peau augmentent-ils à cause du trou dans la couche d'ozone ?
L'augmentation du nombre de cancers de la peau en France n'est pas liée au « trou » dans la couche d'ozone. Il est vrai que la couche d'ozone protège la terre des rayons ultraviolets les plus dangereux et qu'avec l'influence des chlorofluorocarbones (CFC), elle a perdu, par endroits, de son épaisseur, donc de sa capacité à filtrer les rayons UV. Mais à ce jour, ce phénomène s'observe surtout dans certaines zones du monde, principalement l'Arctique, l'Antarctique et l'hémisphère Sud. Sous nos latitudes, c'est essentiellement l'évolution des habitudes d'exposition au soleil et la mode du bronzage depuis plusieurs décennies qui est responsable de l'accroissement des cancers de la peau. Seuls une prise de conscience collective et un changement de comportement face au soleil (expositions limitées, protection adéquate) dans les activités de loisirs et professionnelles permettront donc de limiter cette augmentation.
Les auto-bronzants, les compléments alimentaires et les séances d'UV artificiels préparent-ils la peau au soleil ?
Les autobronzants confèrent un teint hâlé mais n'apportent aucune protection contre l'agression provoquée par les UV. Les compléments alimentaires peuvent prévenir certaines allergies mais ne protègent pas des risques de coup de soleil et de cancers cutanés. Les séances d'UV artificiels (en cabine de bronzage) ne préparent pas la peau au soleil et les UV artificiels ne font que s'ajouter aux UV du soleil : l'effet cancérigène est renforcé.
Une synthèse des études disponibles en 2006 a été menée par le CIRC* montrant une augmentation du risque de mélanome chez les personnes qui se sont exposées aux lampes de bronzage UV (au moins une fois dans leur vie) et en particulier une augmentation de 75% dans le cas d'expositions avant l'âge de 35 ans.
Aujourd'hui, la fréquentation des cabines de bronzage à des fins esthétiques est donc fortement déconseillée (voir le rapport de l'INCa sur les installations de bronzage, Avril 2010). Elle est même interdite aux moins de 18 ans par le décret n°97-617 du 30 mai 1997 relatif à la vente et à la mise à disposition du public des appareils de bronzage.
Pourquoi faut-il se protéger même par temps nuageux ?
Même par temps couvert, les UV passent à travers les nuages et peuvent abîmer votre peau : le risque n'est pas lié à la sensation de chaleur mais à l'intensité des rayons UV.
Il est donc essentiel de :
- se couvrir avec un tee-shirt, un chapeau ;
- porter des lunettes de soleil ;
- appliquer régulièrement de la crème solaire (toutes les deux heures) ;
- protéger encore davantage les enfants.
* CIRC. Exposure to Artificial UV radiation and Skin Cancer, 2006
Documents à télécharger
Liens utiles
- Les valeurs de l'indice UV sont consultables en période estivale sur www.meteo.fr et www.soleil.info
Enquête
L’AD-Santé-Net et l’INCa lancent une enquête en ligne, anonyme, afin de mieux connaître ses internautes.
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