Une étude de l’IRDES précise le lien entre volume d’activité des hôpitaux et qualité des soins en France
(06/01/10)
L’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes) apporte des éléments nouveaux sur l’ampleur et la forme de relation entre le volume d’activité et la qualité des soins en exploitant les données hospitalières françaises. Huit types de prises en charge hospitalières ont été analysés dont la résection de cancer du côlon et la résection pancréatique.
Afin de mener cette étude, deux indicateurs ont été retenus pour appréhender la qualité des soins : la mortalité hospitalière et la réadmission non programmée à 30 jours. Huit types de prises en charge hospitalières ont été étudiés : des interventions chirurgicales complexes (chirurgie du cancer du côlon, résection pancréatique, pontage aorto-coronarien), des interventions chirurgicales plus courantes (appendicectomie, pose de stent…) et des prises en charges médicales de pathologies telles l’accident vasculaire cérébral et l’infarctus aigu du myocarde.Cette étude montre, pour certaines interventions, l’existence d’un lien significatif entre le volume d’activité et les résultats des soins. Ainsi, la probabilité de réadmission à 30 jours est plus élevée dans les établissements à faible volume d’activité pour six prises en charge dont la chirurgie cancérologique (colon et pancréas). Et pour quatre de ces prises en charge, dont la chirurgie du cancer du côlon et la résection pancréatique, le volume d’activité a également un impact significatif sur la probabilité de décès à 30 jours.
L’intensité de la relation entre volume et résultats des soins apparaît plus marquée pour les interventions lourdes et complexes comme la chirurgie cancérologique et plus modérée pour des interventions considérées comme courantes. Un constat qui rejoint des résultats observés lors de travaux antérieurs : « la littérature suggère que l’impact du volume d’activité est plus important pour les procédures complexes en raison d’un effet d’apprentissage plus élevé : la qualité de soins s’améliore avec l’expérience accumulée et ceci semble plus significatif dans le cadre de protocoles plus complexes », rappellent les auteurs de l’étude.
Toutefois, le lien entre volume d’activité et qualité des soins n’est pas linéaire. Au-delà d’un certain seuil d’activité, il n’existe quasiment plus de corrélation entre volume d’activité et résultats des soins. L’étude indique, par ailleurs, que d’autres facteurs ont un impact sur les résultats des soins comme le degré de spécialisation de l’établissement, le poids de la chirurgie dans l’activité totale ou encore le volume d’activité du médecin.
Source : Zeynep Or, Thomas Renaud (Irdes), « Quel lien entre volume d’activité des hôpitaux et qualité des soins en France ? », Questions d’économie de la Santé, n°149, décembre 2009.
Envoyer par courriel
Imprimer