Détection précoce des cancers de la peau : les réponses à vos questions
Date de dernière mise à jour : 21/05/2012
Il existe plusieurs types de cancers de la peau : les carcinomes, qui représentent 90% des cancers de la peau et le mélanome, moins courant mais plus grave. Les cancers de la peau ne peuvent pas être « dépistés » au sens strict puisqu'on ne peut pas les identifier avant l'apparition de symptômes. Il est cependant possible de les détecter précocement via un examen visuel de l'ensemble de la peau, pratiqué en général par le dermatologue.
La détection précoce des cancers de la peau est capitale, en particulier pour le mélanome. En effet, détecté tôt, il peut la plupart du temps être guéri. Mais en cas de diagnostic tardif, les chances de guérison diminuent considérablement car le mélanome peut s'étendre rapidement à d'autres parties du corps. Les traitements existants sont alors peu efficaces. La détection précoce constitue avec la prévention un moyen d’agir déterminant.
Qu’est-ce qu’un cancer de la peau ?
Les cancers de la peau les plus courants sont les carcinomes. Ils surviennent généralement après 50 ans sur des zones découvertes du corps (visage, cou, épaules, avant-bras, dos des mains…). Ils trouvent le plus souvent leur origine dans une exposition au soleil excessive et chronique au cours de la vie.
On distingue les carcinomes basocellulaires et les carcinomes épidermoïdes :
- Les carcinomes basocellulaires sont les plus fréquents (70% des cancers cutanés). Ce sont aussi les moins graves, car leur évolution est lente et leur développement reste local (pas de métastases). Cependant, le danger est lié à leur potentiel invasif local qui entraîne des destructions des tissus. L’intervention, qui consiste à retirer la lésion suspecte, en assure la guérison.
- Les carcinomes épidermoïdes (auparavant appelés carcinomes spinocellulaires) sont plus rares (20% des cancers cutanés). Ils se développent parfois sur des lésions dites précancéreuses, les kératoses actiniques. Ils peuvent également apparaître sur des cicatrices de brûlure ou des plaies chroniques. Plus agressifs que les carcinomes basocellulaires, ils sont susceptibles d'envahir les ganglions lymphatiques et de se disséminer dans d'autres organes. Toutefois, ces cancers sont facilement guérissables dans la plupart des cas.
Le mélanome est le moins courant de ces cancers de la peau mais le plus grave, du fait de son potentiel de dissémination métastatique. L’âge moyen au diagnostic est estimé en 2005[1] à 60 ans chez l’homme et 58 ans chez la femme, mais il peut toucher des personnes de tous âges, notamment des jeunes. En revanche, il est rare chez les enfants, car ce cancer met généralement plusieurs années avant de se manifester.
Le mélanome est une des tumeurs dont l'incidence (c'est-à-dire le nombre de nouveaux cas chaque année) a le plus augmenté ces 25 dernières années. Ceci pourrait s’expliquer par l’évolution des habitudes d’exposition au soleil au cours des quarante dernières années.
La détection précoce, meilleure chance de guérison du mélanome
Oui. Lorsque le mélanome est détecté à un stade précoce, il peut, la plupart du temps, être guéri. Le traitement consiste alors à retirer la lésion sous anesthésie locale (exérèse). En revanche, diagnostiqué tardivement, le mélanome devient redoutable car il peut s'étendre rapidement à d'autres parties du corps (métastases). Les traitements existants sont alors peu efficaces.
C’est pourquoi la détection précoce constitue la meilleure chance de guérison du mélanome.
Comment détecte-t-on un mélanome ?
Le mélanome se manifeste essentiellement de deux façons :
- soit par l'apparition d'une petite tache pigmentée sur la peau saine (cas le plus fréquent),
- soit par la modification d'un grain de beauté (naevus pigmentaire) préexistant.
Il peut se situer n'importe où sur le corps, assez fréquemment sur le tronc chez l'homme et sur les jambes chez la femme. Le principal problème est de savoir faire la différence entre un grain de beauté et un mélanome. Pour cela, il existe une règle simple : la règle ABCDE, qui permet de mémoriser les signes d’alerte.

Attention : La présence d’un ou plusieurs de ces critères ne signifie pas forcément que l’on a un mélanome, mais ne doit jamais être ignorée.
Au moindre doute, dans le cas d'une plaie qui ne cicatrise pas, d'une lésion qui persiste et se modifie, d'une nouvelle tache brune qui apparaît, il est essentiel de demander un avis médical dans les plus brefs délais. De même pour les carcinomes, une plaie qui ne cicatrise pas ou une lésion qui persiste.
Autre élément à retenir : le principe du "vilain petit canard". Tous les grains de beauté d’une même personne se ressemblent. Celui qui n’est pas comme les autres doit donc attirer l'attention.
Qui est concerné ?
Tout le monde est susceptible de développer un mélanome et doit être attentif aux signes d'alerte. Toutefois, certaines personnes sont plus à risque de développer un mélanome.
Une surveillance particulière est donc recommandée aux personnes :
- à peau claire, cheveux blonds ou roux, qui bronzent difficilement ;
- avec de nombreux grains de beauté (plus d'une cinquantaine) ;
- avec des grains de beauté congénitaux (présents dès la naissance) ou atypiques (larges, irréguliers) ;
- qui ont des antécédents familiaux de mélanome (père, mère, enfants, frère ou sœur ayant eu un mélanome) ;
- qui ont déjà eu un mélanome (risque de récidive) ;
- qui ont eu des coups de soleil sévères ;
- qui pratiquent fréquemment une activité de plein air.
La fréquence de cette surveillance doit être évaluée avec son médecin traitant ou son dermatologue en fonction de son niveau de risque. Pour les personnes présentant un risque, il est recommandé :
- d'effectuer un auto-examen de sa peau régulièrement, avec l'aide de la règle ABCDE et des conseils de son dermatologue,
- de se faire examiner par un dermatologue une fois par an.
A qui s'adresser ?
La détection précoce du mélanome n'est pas un programme organisé par les autorités de santé publique, comme le dépistage du cancer du sein ou le dépistage du cancer colorectal.
Elle repose sur l'initiative individuelle soit du professionnel de santé (dermatologue, médecin traitant, médecin du travail…) ou du patient ayant repéré une tache ou un grain de beauté suspect sur sa peau.
Le médecin traitant oriente le patient vers un dermatologue s’il identifie une personne à risque ou s’il repère une lésion suspecte au cours d’un examen. Le dermatologue est expert pour repérer les tumeurs de la peau avant d'envisager de prélever la lésion suspecte.
Comment se déroule l'examen ?
Le dermatologue réalise un examen visuel complet de la peau pour repérer les taches ou grains de beauté pouvant faire suspecter un cancer. Il s'aide d'un dermoscope, sorte de loupe éclairante et très grossissante qui permet de voir à travers la première épaisseur de l'épiderme.
Chez les personnes ayant un grand nombre de taches pigmentées, la réalisation régulière de photos peut être utile pour observer de petits changements qui pourraient passer inaperçus. Lorsque le dermatologue suspecte fortement un cancer cutané, il retire la lésion sous anesthésie locale pour la faire analyser. L'intervention est réalisée au cabinet du dermatologue ou à l'hôpital et ne nécessite pas d'hospitalisation. Seul l'examen anatomopathologique (analyse au microscope) du prélèvement permet de confirmer ou non le diagnostic de cancer cutané.
La journée nationale de prévention et de dépistage des cancers de la peau
Il est possible de bénéficier d'un dépistage gratuit lors de la journée nationale de prévention et de dépistage des cancers de la peau : elle est organisée chaque année en mai par le Syndicat national des dermatologues-vénéréologues (SNDV), en partenariat avec l'Institut National du Cancer. En 2012, la 14e édition de cette journée aura lieu le 24 mai.
Depuis 1998, la journée du syndicat des dermatologues vénéréologues a permis de recevoir plus de 254 000 patients qui ont pu bénéficier d’une consultation gratuite : plus de 450 mélanomes ont ainsi pu être dépistés.
L’objectif de cette journée est également d’informer sur les risques liés au soleil et aux UV artificiels. La prévention constitue en effet, avec la détection précoce, le moyen d’agir le plus efficace pour prévenir l’apparition de cancers de la peau. Des mesures simples permettent de limiter l'exposition aux UV. Autant de bonnes habitudes à prendre dès le plus jeune âge.
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Les chiffres clés
Plus de 70 000 nouveaux cas de cancers de la peau sont diagnostiqués chaque année :
- Plus de 65 200 patients ont été traités et pris en charge dans les établissements hospitaliers publics et privés pour un carcinome cutané (carcinomes basocellulaire et épidermoïde), selon les données d’activité hospitalière 2010. Ces cancers sont ainsi parmi les cancers les plus fréquents en France.
- Le nombre de nouveaux cas (incidence) de mélanome est estimé, pour sa part, à 9780[2] en 2011. Sur la période 1980-2005, le taux d’incidence standardisé a progressé en moyenne de +4,7% par an chez l'homme et de +3,4% par an chez la femme, avec cependant un ralentissement de cette progression à partir de 20001. La mortalité due au mélanome a également régulièrement augmenté entre 1980 et 2005, mais dans une moindre mesure (en moyenne +2,3% chez l'homme et +1,3% chez la femme par an). En 2011, le nombre de décès par mélanome était estimé à plus de 1620[2].
[1] Belot A, Grosclaude P, Bossard N, Jougla E et al, "Cancer incidence and mortality in France over the period 1980-2005", Rev Epidemiol Sante Publique. 2008 Jun;56(3): 159-75. Epub 2008 Jun 10.
[2] Hospices civils de Lyon / Institut de veille sanitaire / Institut national du cancer / Francim / Institut national de la santé et de la recherche médicale. Projections de l'incidence et de la mortalité par cancer en France en 2011. Rapport technique. Juin 2011
Documents à télécharger
Fiche repère Détection précoce des cancers de la peau (3.3 MB)
Dépliant d'information sur la détection précoce des cancers de la peau (1.38 MB)
Synthèse UV (artificiels et solaires), vitamine D et cancers non cutanés (601.26 KB)
Rapport UV (artificiels et solaires), vitamine D et cancers non cutanés (2.49 MB)- Guide « Les traitements du mélanome de la peau » (octobre 2010) (PDF - 3,52 Mo)
- Les recommandations de l'Afssaps : « Choisir un produit de protection solaire »
Liens utiles
- Le site du syndicat des dermatologues-vénéréologues : http://www.syndicatdermatos.org/
- Le site de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (INPES) : http://www.inpes.sante.fr/ et http://www.prevention-soleil.fr/
- Le site de Météo France : http://www.meteofrance.com/
Enquête
L’AD-Santé-Net et l’INCa lancent une enquête en ligne, anonyme, afin de mieux connaître ses internautes.
Merci pour votre participation !
Info patient
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