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Quelques idées reçues sur la morphine
Mis à jour : 14.10.09

 « Si on me propose de la morphine, c’est que c’est grave »

Faux. L’utilisation de la morphine est liée à l’intensité de la douleur et non à la gravité de la maladie. Si une douleur est intense, cela ne signifie pas forcément que sa cause est grave. Il n’y a pas de lien systématique entre intensité et gravité. Les douleurs de la « rage de dent » ou de la colique néphrétique ne sont-elles pas parmi les douleurs les plus intenses ?

La morphine peut être utilisée pour prévenir la douleur liée à un acte médical, comme pour soulager des douleurs osseuses liées à des métastases.

Utiliser la morphine ou ses dérivés est justifié dès que les autres antalgiques ne sont pas efficaces pour soulager la personne.

À tort, la morphine est souvent associée à l’idée de mort parce qu’elle a longtemps été réservée aux personnes en fin de vie. Aujourd’hui, elle est reconnue comme médicament indispensable pour lutter contre certaines douleurs intenses, cancéreuses ou non.

Elle peut être utilisée de manière temporaire, pour soulager une douleur aiguë ou sur une période prolongée, pour soulager une douleur chronique, quel que soit le stade de la maladie. Depuis que l’utilisation de la morphine s’est développée, la prise en charge de la douleur s’est considérablement améliorée.

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« Avec de la morphine, les gens dorment toute la journée, ce n’est pas une solution »

Vrai et Faux. La somnolence est fréquente au début du traitement par morphine ou lorsque les dosages augmentent. Cet effet est dû à la fois au manque de sommeil accumulé à cause de la douleur et à l’action sédative des opioïdes.

Le malade et l’entourage ont parfois du mal à accepter cet effet secondaire. Pourtant, la somnolence est généralement passagère et s’atténue progressivement : il faut laisser au corps le temps de s’adapter au traitement et de récupérer de la fatigue causée à la douleur.

Si la somnolence persiste ou s’accentue, le médecin peut adapter le traitement en diminuant la posologie ou en prescrivant d’autres médicaments.

> Voir Les antalgiques : du paracétamol à la morphine

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« La morphine est une drogue »

Vrai et faux. La morphine est un opioïde, c’est-à-dire un dérivé de l’opium. Elle est classée comme stupéfiant et son utilisation est très réglementée. Ce contexte fait peur et certaines personnes imaginent donc être plus en danger en ayant recours à une « drogue » qu’en supportant des douleurs intenses. Elles craignent à tort de devenir toxicomanes.

Les études scientifiques montrent que la morphine utilisée dans de bonnes conditions pour traiter la douleur, n’entraîne pas de toxicomanie, même si elle est prise à long terme (voir les conditions d’utilisation de la morphine, ci-après).

Depuis sa découverte en 1861, les connaissances sur la morphine ont beaucoup évolué. Au 19ème siècle, la morphine était utilisée à tort et à travers car elle était en vente libre et on ne connaissait pas ses effets indésirables. On l’utilisait pour tous types de douleurs ou même pour d’autres symptômes.

Cette utilisation massive, sans aucun contrôle, a provoqué des phénomènes de toxicomanie chez des sujets enclins à l’abus ou l’utilisant mal.

Les conditions d’utilisation de la morphine sont aujourd’hui basées sur des données scientifiques :

- la morphine est utilisée pour soulager les douleurs intenses, lorsque les traitements moins puissants ne sont pas efficaces. Elle est utilisée sous surveillance médicale stricte ;
- à chaque fois que possible, la voie orale est privilégiée (comprimés, gélules, solutions buvables). Le médicament est ainsi libéré progressivement dans l’organisme, alors que la toxicomanie est favorisée par une libération brutale de doses importantes de médicament ;
- les dosages de morphine sont définis progressivement, au cas par cas. Seule la dose nécessaire à chaque personne est utilisée ;
- les prescriptions de morphine orale ou sous forme de patchs sont limitées à 28 jours pour éviter les utilisations inadéquates et le stockage à domicile.

Dans ces conditions, une personne qui prend de la morphine pour soulager sa douleur a un risque tout à fait exceptionnel de devenir toxicomane.

Après une utilisation prolongée de morphine, l’arrêt du traitement est toujours possible, mais doit cependant être progressif. Il est réalisé sous le contrôle de votre médecin. Un arrêt brutal provoque un syndrome de sevrage (bouffées de chaleur, mal-être, hallucinations, douleurs aiguës, diarrhées…), lié au dérèglement de la production naturelle de morphine par le cerveau.

Ce phénomène de sevrage est très différent de la toxicomanie, qui se définit comme une dépendance physique et psychologique, et un besoin incontrôlable du produit.

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« Si je prends de la morphine dès maintenant, plus rien ne marchera quand j’aurai encore plus mal »

Faux. Si vous avez besoin de morphine à un instant précis de la maladie, cela ne signifie pas qu’elle ne sera plus efficace à un autre moment.

En revanche, si votre douleur reste trop longtemps mal soulagée, elle risque de s’installer et de devenir de plus en plus forte. Vous risquez alors d’avoir besoin de doses plus importantes de morphine pour réussir à la contrôler. Ceci n’est pas grave en soit, mais cela vous expose à un risque accru d’effets secondaires.

Par ailleurs, des opioïdes bien plus puissants que la morphine sont aujourd’hui disponibles. Ils pourront être utilisés si vos douleurs ne sont pas suffisamment soulagées par la morphine.

> Voir Les antalgiques : du paracétamol à la morphine

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« Les effets secondaires de la morphine sont encore pires à supporter que la douleur »

Ni vrai, ni faux. La morphine a des effets secondaires, comme tous les médicaments, qu’il ne faut pas négliger. Ils ne sont pas systématiques et peuvent être contrôlés par des traitements adaptés : notamment des antiémétiques pour lutter contre les nausées en début de traitement, et des laxatifs quotidiens contre la constipation.

Les effets secondaires les plus redoutés (les hallucinations, les troubles psychiques) sont extrêmement rares et souvent transitoires. Ils surviennent en général à l’occasion d’un surdosage qui est facilement contrôlé par la diminution du dosage, voire l’utilisation d’un antidote qui agit en quelques minutes. Ils ne touchent que 1 à 3 % des patients.

Chaque personne réagit différemment à la morphine. Si vous ne supportez pas ses effets secondaires, n’hésitez pas à en discuter avec votre médecin. Il diminuera le dosage ou vous proposera un autre médicament. Il existe d’autres médicaments aussi puissants, de la même famille que la morphine qui pourront mieux vous convenir.

> Voir Limiter les effets secondaires des opioïdes

 
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