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Quels sont les effets secondaires possibles de la chimiothérapie ?
Mis à jour : 05.01.10

Les effets secondaires de la chimiothérapie sont variables selon les médicaments utilisés, les dosages et les personnes. Chacun réagit différemment aux traitements.

Certains effets secondaires peuvent être limités ou évités grâce à des traitements préventifs ou des conseils pratiques. Néanmoins, s’ils deviennent trop importants ou si le patient ne supporte pas l’un des médicaments utilisés, le traitement peut être modifié ou interrompu pour permettre au corps de récupérer.

Les effets secondaires les plus fréquents des médicaments utilisés pour traiter les cancers colorectaux sont présentés ci-dessous :

 

Nausées et vomissements

Les nausées commencent souvent le soir ou le lendemain de la perfusion. Elles durent rarement plus de 72 heures après le traitement. Elles ne sont pas systématiquement accompagnées de vomissements.

Des phénomènes de nausées anticipatoires peuvent survenir : elles commencent parfois dès l’entrée dans l’hôpital, avant le début de la perfusion. Ces nausées sont liées à l’anxiété provoquée par le traitement et peuvent être réduites notamment par des techniques de relaxation.

Un traitement est le plus souvent prescrit avant ou pendant la chimiothérapie pour réduire les risques de nausées et de vomissements, y compris anticipatoires. Il s’agit de médicaments appelés antiémétiques. Si ces effets secondaires apparaissent malgré le traitement préventif, il faut le signaler au médecin.

Lorsque des vomissements surviennent, il est conseillé de se rincer la bouche avec de l’eau froide et d’attendre 1 à 2 heures avant de manger. Les vomissements ne persistent en général pas plus de 48 heures après le traitement.

 

Conseils pratiques pour limiter les nausées et vomissements

A faire
- Privilégier les aliments froids ou tièdes qui sont moins odorants que les aliments chauds.
- Privilégier plusieurs petits repas, plutôt que deux repas traditionnels plus longs à digérer.
- Manger lentement afin de faciliter la digestion.
- Manger léger avant et après le traitement.

A éviter
- Éviter les aliments lourds difficiles à digérer comme les aliments frits, gras ou épicés.
- Éviter de boire pendant les repas, mais boire plutôt avant ou après. Les boissons gazeuses fraîches, à base de cola notamment, aident parfois à diminuer les nausées.
- Supprimer le tabac.

 

Diarrhées

Des diarrhées peuvent survenir pendant la chimiothérapie. Un traitement préventif (anti diarrhéique) peut être prescrit.

 

Conseils pratiques pour limiter les diarrhées

Privilégier une alimentation pauvre en fibres est à (riz, pâtes, pommes vapeur, bananes bien mûres, gelée de coing, fromage à pâte cuite, biscottes, carottes).

Une hospitalisation en urgence doit être envisagée en cas de diarrhée persistante ou associée à de la fièvre ou des à vomissements.

 

Baisse des globules blancs, des globules rouges et des plaquettes

Les médicaments de chimiothérapie ont souvent des effets secondaires sur le sang et la moelle osseuse. Ils peuvent entraîner :

  • Une baisse du nombre de globules blancs (leucopénie), en particulier des polynucléaires neutrophiles (neutropénie) ou des lymphocytes (lymphopénie). Cette baisse entraîne un risque accru d’infection car les moyens de défense du corps sont réduits.
  • Une baisse des globules rouges (anémie), chargés de transporter l’oxygène dans tout le corps. L’anémie se manifeste principalement par une pâleur et une fatigue qui ne s’atténue pas avec le repos.
  • Une baisse du nombre de plaquettes (thrombopénie), responsables de la coagulation du sang. Une diminution des plaquettes augmente le risque d’hématomes et de saignements.

Une baisse importante et simultanée du nombre des globules blancs, des globules rouges et des plaquettes peut se produire, on parle alors d’aplasie.

Avant chaque cure de chimiothérapie, des prises de sang permettent de vérifier les taux de globules blancs, globules rouges et plaquettes. En dessous d’un certain seuil, la séance de chimiothérapie peut être remise à plus tard.

Il est parfois nécessaire de prescrire des facteurs de croissance lorsque la baisse du nombre de globules blancs ou de globules rouges est trop importante. Dans de rares cas, une transfusion de globules rouges ou de plaquettes peut être réalisée.

En cas de fièvre (plus de 38°C pendant plus de 6h) ou si le patient ne se sent pas bien (frissons, diarrhées ou vomissements importants), il doit consulter immédiatement son médecin.

 

Lésions de la bouche

Les muqueuses de la bouche et du tube digestif sont particulièrement fragiles lors de la chimiothérapie. Certains médicaments de chimiothérapie (en particulier le 5FU ou la capécitabine) peuvent entraîner des lésions à l’intérieur de la bouche et le long du tube digestif (aphtes, rougeurs, douleurs). On parle de mucite (inflammation d’une muqueuse) ou encore de stomatite (mucite de la bouche).

 

Conseils pratiques pour limiter les lésions de la bouche

A faire
- Après les repas, réaliser des bains de bouche prescrits par le médecin.
- Se brosser régulièrement les dents avec une brosse à dents souple.
- Sucer des glaçons, de la glace pilée, des glaces à l’eau et des sorbets, des bonbons à la menthe.
- Boire beaucoup (eaux minérales, thé, tisanes, boissons à base de cola).
- Privilégier les aliments moelleux ou mixés.
- S’hydrater les lèvres en appliquant un lubrifiant gras (lanoline, vaseline, beurre de cacao).

A éviter
- Les aliments qui favorisent l’apparition d’aphtes, comme les noix, le gruyère ou l’ananas.
- Les bains de bouche à base d’alcool : ils dessèchent la muqueuse de la bouche et risquent de provoquer des sensations de brûlure.
- Le tabac et l’alcool, surtout dans les semaines qui suivent le traitement.
- Les aliments trop épicés ou acides (jus de citron, vinaigrette, moutarde), secs, croquants ou durs.

Il faut prévenir son médecin dès l’apparition de douleurs et/ou d’aphtes afin de mettre en place un traitement aussi rapidement que possible.

 

Sensations d’engourdissement ou de fourmillement

Certains médicaments de chimiothérapie ont un effet toxique sur les nerfs (notamment les médicaments dérivés du platine, comme l’oxaliplatine). Ils peuvent entraîner des troubles de la sensibilité, appelés paresthésies, qui se manifestent par des sensations d’engourdissement, de fourmillement ou de picotement qui peuvent être douloureuses et handicapantes.

Si ces symptômes persistent entre deux cures de chimiothérapie ou s’ils entraînent une gêne fonctionnelle (difficulté à saisir un objet, difficulté à marcher…), le médecin arrêtera le traitement et le remplacera par d’autres médicaments.

 

Chute des cheveux

Cet effet est peu fréquent dans les chimiothérapies du cancer colorectal. Si elle survient (en cas de traitement par irinotécan notamment), la chute des cheveux (appelée alopécie) peut être difficile à vivre car elle est un signe concret et visible de la maladie.

Elle est souvent progressive et toujours temporaire. Elle commence en général 2 à 3 semaines après la première perfusion. Les cheveux commencent à repousser environ 6 à 8 semaines après la fin du traitement. Les cils, les sourcils et les poils pubiens peuvent également tomber provisoirement.

> Pour plus d’information, voir le dossier Chute des cheveux

Troubles cutanés et syndrome main-pied

Certains médicaments de chimiothérapie (5-FU, capécitabine) et de thérapies ciblées (cétuximab) peuvent entraîner des troubles au niveau de la peau : rougeurs, plaques, dessèchement, tiraillement, acné…

Le syndrome main-pied est un trouble de la peau qui se manifeste au niveau de la paume des mains et de la plante des pieds. Il se caractérise par des rougeurs, un gonflement, une sécheresse ou des cloques.

 

Conseils pratiques pour limiter les troubles cutanés

A faire
- Appliquer régulièrement et généreusement un agent hydratant sur la peau.
- Réaliser une manucure et une pédicure avant de commencer le traitement, si les mains et les pieds sont déjà un peu abîmés (présence de corne).
- Porter des vêtements amples et des chaussures souples.

A éviter
- L’exposition des mains et des pieds à la chaleur (soleil, bains chauds).
- Les activités qui entraînent un frottement de la peau ou une pression sur les mains (activités ménagères, conduite, jardinage…).
- Les pansements adhésifs ou les bandages serrés.
- La marche et la course à pied.

 

Si malgré cela la peau devient rouge ou sensible, il faut le signaler à son médecin sans attendre que les symptômes empirent. Des médicaments antidouleur ou des soins locaux ou généraux peuvent les soulager.

 

Réactions allergiques

Comme tout médicament, les médicaments de chimiothérapie peuvent être source d’allergie. En cas de gonflement du visage, des lèvres et de la langue, d’essoufflement, de fièvre, de réactions cutanées graves (démangeaisons, rougeurs, boutons), de difficultés à respirer, etc., il faut alerter son médecin sans attendre.

 

Registre des essais cliniques

Consultez le registre des essais cliniques français : 

Comprendre la chimiothérapie

Couverture du guide Comprendre la chimiothérapie

Publication

Couverture - Guide ALD Patient - Cancer colorectal

    • Télécharger le Guide Patient - Affection de longue durée :

"La prise en charge de votre cancer colorectal" (mars 2010, pdf, 832 ko)