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Le diagnostic
Mis à jour : 01.02.10
Introduction
Les examens diagnostiques permettent de :
- confirmer la présence d’un cancer,
- identifier le type de cancer,
- évaluer la taille de la tumeur et sa propagation à d’autres organes (son stade),
- élaborer un plan de traitement.
Le diagnostic de cancer de la prostate est habituellement suspecté lors d’une augmentation de la valeur du PSA, lorsqu’une anomalie a été détectée au toucher rectal ou si des
symptômes urinaires ou généraux (fatigue, perte d’appétit, perte de poids) sont présents.
Le délai entre la découverte de quelque chose d’anormal et le début d’un traitement peut sembler long. Mais ce temps est nécessaire pour réaliser des examens qui vont
permettre d’établir un diagnostic et définir le traitement le mieux adapté à chaque situation.
Il n’y a pas d’urgence à mettre en route un traitement d’un cancer de la prostate à son début. Le risque d’aggravation d’un cancer de la prostate durant ce délai est faible car un
cancer de la prostate évolue habituellement de façon lente.
Le bilan initial
Le médecin procède dans un premier temps à ce que l’on appelle un bilan initial pour déterminer s’il s’agit bien d’un cancer de la prostate. Ce bilan comporte :
- un entretien avec le patient (que les professionnels appellent « interrogatoire ») pour évaluer son état de santé général et identifier les éventuels antécédents médicaux ou chirurgicaux personnels et familiaux.
Il pose également au patient des questions sur la présence de symptômes qui peuvent le guider dans son diagnostic tels qu’une diminution de la force du jet urinaire, des envies fréquentes d’uriner.
Il est important que le patient mentionne tous les symptômes qu’il aurait repérés. Ces symptômes peuvent ne pas correspondre à un cancer de la prostate. Dans la plupart des cas, les cancers de la prostate peu évolués n’entraînent aucun trouble décelable par le patient lui-même.
- un examen clinique du patient, dont un toucher rectal qui permet d’examiner la prostate et de détecter une éventuelle anomalie.
> Voir la fiche Le toucher rectal
- une prise de sang, pour faire le dosage d’une protéine fabriquée par la prostate, appelée antigène prostatique spécifique (abrégée en PSA). On parle aussi de dosage du PSA total sérique, seul marqueur biologique inclus dans ce bilan initial.
> Voir la fiche Le dosage du PSA
- des examens biologiques : un hémogramme, également appelé Numération-Formule Sanguine (NFS) permet d'évaluer la quantité des globules blancs, des globules rouges et des plaquettes.
Si nécessaire un dosage de la créatinine (créatininémie) est réalisé pour évaluer le fonctionnement des reins. D’autres examens peuvent être demandés par le médecin en fonction de la situation du patient. Signalons que tous ces examens ont surtout vocation à repérer des contre indications thérapeutiques.
- une biopsie de la prostate est réalisée lorsqu’une anomalie est constatée au toucher rectal ou en cas d’élévation de la valeur du PSA. Il s’agit de prélèvements de plusieurs petits fragments de tissu dans différentes parties de la prostate.
> Voir la fiche La biopsie
De nouvelles biopsies peuvent être nécessaires après une série de biopsies normales, si une anomalie de la prostate est détectée ou persiste au toucher rectal, ou si la valeur du PSA reste élevée ou continue à augmenter lors de la surveillance du patient.
Les fragments prélevés sont examinés au microscope par un médecin pathologiste : cet examen s’appelle un examen anatomopathologique. Il s’agit d’une analyse des tissus prélevés dans la région suspecte qui permet de confirmer ou non la présence d’un cancer. Cet examen permet de :
- préciser l’agressivité des cellules cancéreuses définie selon une échelle, appelée score de Gleason (degré de différenciation de la tumeur, c’est-à-dire la tendance de la tumeur à ressembler à un tissu normal de la prostate),
- évaluer notamment le nombre de biopsies positives (présentant des cellules cancéreuses), les caractéristiques du tissu tumoral et le franchissement des cellules cancéreuses au-delà de la capsule de la prostate.
Lorsque le résultat de l’examen anatomopathologique ne montre pas la présence d’un cancer, on parle de résultat négatif.
Le bilan d’extension
Si la biopsie révèle la présence de cellules cancéreuses, le médecin peut prescrire des examens complémentaires pour préciser l’extension du cancer (locale, ganglionnaire ou métastatique).
On parle de bilan d’extension. Ces examens ne sont pas réalisés de façon systématique. Les plus fréquents sont des examens d’imagerie et des examens sanguins.
Les examens d’imagerie réalisés peuvent être :
- un scanner (également appelé tomodensitométrie ou TDM), qui permet de réaliser une succession de photographies en tranches horizontales. Un scanner a pour but de rechercher si la maladie a touché les ganglions lymphatiques. Puisqu’il est effectué autour de la région pelvienne, on parle de scanner pelvien ou tomodensitométrie pelvienne.
> Voir la fiche Qu'est-ce qu'un scanner ?
- une IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) pelvienne, qui permet d'obtenir des images très précises du contour de la prostate et de déceler si le cancer s’est étendu ou non au-delà de la prostate et de rechercher si la maladie a touché les ganglions lymphatiques.
> Voir la fiche Qu'est-ce qu'une IRM ?
- une scintigraphie osseuse, pour contrôler l’absence ou la présence de métastases au niveau des os.
- une échographie des reins, pour vérifier le fonctionnement des reins.
Ces examens d’imagerie ne sont réalisés que s’ils ont une incidence sur la prise en charge du patient et pour les tumeurs localisées selon le risque de rechute établi par une classification, appelée classification de d’Amico.
> Voir la fiche La classification des cancers de la prostate
Sur la base de cette classification, les patients ayant une tumeur localisée sont considérés soit à risque faible, à risque intermédiaire ou élevé.
- Chez des patients à risque faible, le bilan d’une atteinte ganglionnaire ou métastatique n’est pas indiqué. Toutefois, afin de déterminer avec le plus de précision possible les différents traitements localisés qui peuvent être proposés, une IRM pelvienne et prostatique est réalisée. L’IRM n’est pas systématique mais peut être proposée si ses résultats ont une incidence sur la prise en charge.
- Chez des patients à risque intermédiaire ou élevé, le bilan d’extension peut comporter une scintigraphie osseuse, un scanner ou une IRM. Une échographie des reins est recommandée pour les tumeurs localement avancées (T3-T4) symptomatiques.
Les résultats de l’ensemble de ces examens permettent de distinguer plusieurs formes de cancer de la prostate : les formes localisées, les formes localement avancées ou les formes métastatiques.
Cette distinction va aider le médecin et le patient dans les choix des traitements les plus appropriés.
> Voir la fiche Les traitements en fonction des stades
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"La prise en charge du cancer de la prostate" (juin 2010, pdf, 82 ko)




