Français | English

Aller au contenu

BASELINE

Accueil > Info patient > Les cancers > Cancer de la prostate > Sexualité > Troubles de l'érection

AddThis Social Bookmark Button

Sur le même thème

Les troubles de l'érection
Mis à jour : 01.02.10

Introduction

Prostatectomie totale et troubles de l'érection

Radiothérapie et troubles de l'érection

Les traitements possibles

Introduction

Les troubles de l’érection sont redoutés par les patients. De nombreux hommes traités pour un cancer de la prostate éprouvent ces difficultés.

On parle aussi d’impuissance ou de dysfonction érectile, c’est-à-dire d’incapacité à obtenir et à maintenir une érection suffisamment ferme pour permettre une relation sexuelle.

Les traitements du cancer de la prostate peuvent endommager les nerfs et les vaisseaux sanguins essentiels à l’érection ou modifier les taux d’hormones.

D’autres facteurs peuvent également entraîner une impuissance, tels que :

  • le vieillissement – l’impuissance devient plus fréquente en vieillissant ;
  • les troubles circulatoires ou cardiaques ;
  • l’hypertension artérielle ;
  • les troubles neurologiques ;
  • le diabète ;
  • l’insuffisance rénale ;
  • la cirrhose du foie ;
  • une lésion à la colonne vertébrale ;
  • le tabagisme ;
  • la consommation d’alcool ;
  • de faibles taux de testostérone ou d’hormones thyroïdiennes ;
  • des médicaments : antihypertenseurs, médicaments pour le cœur, somnifères, antidépresseurs ;
  • des troubles affectifs ;
  • anxiété liée à la performance ;
  • dépression.

Un diagnostic d’impuissance peut être posé sur la base d’un examen physique complet qui comprend un examen neurologique, une vérification de la circulation, un examen rectal et génital.

Le médecin vous interroge également sur vos antécédents personnels (affections médicales, médicaments, capacité d’érection le jour ou la nuit, fonction sexuelle avant le traitement du cancer).

Haut de page

Les conséquences de la prostatectomie totale sur l’érection

Les bandelettes neuro-vasculaires, responsables de l’érection, situées de chaque côté de la prostate, peuvent être endommagées ou retirées par la prostatectomie totale. L’intervention permettant de séparer les bandelettes neurovasculaires de la prostate peut léser les nerfs qui sont des structures sensibles et entraîner une impuissance.

Le chirurgien tente, dans la mesure du possible, de préserver les bandelettes neurovasculaires durant la chirurgie : c’est ce que l’on appelle la technique de préservation des nerfs. L’une des bandelettes neurovasculaires ou les deux peuvent être préservées durant l’opération. Un homme dont les deux bandelettes sont épargnées aura moins de troubles de l’érection que celui pour lequel une seule bandelette aura été épargnée.

Mais dans certains cas, du fait de l’extension tumorale, il n’est pas possible d’épargner les bandelettes neurovasculaires car il pourrait y rester de la tumeur.

De nouvelles recherches sont en cours afin de déterminer si une greffe de nerf (greffe du nerf saphène) dans cette région pourrait améliorer les érections chez un homme pour qui il est impossible d’épargner les nerfs.

Les troubles de l’érection entraînent une importante frustration, car le désir persiste mais il n’est plus possible de maintenir une érection suffisante pour avoir un rapport sexuel.

Ces troubles peuvent également apparaître en raison de l’anxiété de la personne malade ou d’une perte de confiance en soi qui influence la capacité d’obtenir ou de maintenir une érection.

Votre médecin peut vous conseiller sur les différents moyens d’obtenir une érection en fonction des traitements possibles dans votre situation : médicaments, injections intra-caverneuses, ou plus rarement implant pénien. Vous pouvez également faire appel à un sexologue si besoin.

> Voir la fiche Les effets secondaires d'une prostatectomie totale

Tous les hommes traités par prostatectomie totale éprouvent une impuissance partielle ou totale après l’intervention.

Le rétablissement de la meilleure fonction érectile possible peut prendre de 1 à 3 ans après la chirurgie. De 10 à 60% des hommes retrouvent une certaine capacité d’érection qui dépend des facteurs suivants :

- la conservation d’une des deux bandelettes neurovasculaires au cours de la chirurgie ;

- l’âge : plus l’homme est jeune, plus la probabilité de retrouver sa fonction érectile est élevée ;

- la qualité des érections avant la chirurgie : les hommes qui n’avaient pas de problème d’érection avant l’intervention sont plus susceptibles de retrouver leur fonction érectile;

- la nécessité de subir d’autres traitements du cancer de la prostate dont une hormonothérapie ou une radiothérapie.

Un homme traité par prostatectomie totale conserve néanmoins son désir sexuel (libido) et ne perd pas sa capacité à avoir des orgasmes malgré le fait que l’opération chirurgicale supprime la possibilité d’éjaculer (on parle d’orgasme sec).

Par ailleurs, cette intervention n’entraîne aucun changement dans les sensations du pénis parce que les nerfs qui en sont responsables sont différents des nerfs responsables de l’érection.

Haut de page

Les conséquences de la radiothérapie sur l’érection

Les traitements des cancers de la prostate par radiothérapie externe et curiethérapie peuvent endommager les faisceaux de nerfs intervenants dans l’érection.

La quantité de rayons administrée à la prostate et à la base du pénis (bulbe pénien), près du scrotum, peut avoir un effet sur le risque de développer une impuissance : plus la dose de rayons est élevée, plus le risque est important.

Les troubles de l’érection ne se manifestent pas forcément immédiatement après la réalisation du traitement. Les changements de la fonction érectile dépendent du type de traitement réalisé (radiothérapie externe ou curiethérapie), du temps écoulé depuis la fin du traitement, de l’état de la fonction sexuelle avant le traitement, ainsi que de l’âge du patient.

Après une radiothérapie externe, la fonction érectile diminue graduellement durant 2 ans après le traitement. Néanmoins 30 à 50 % des hommes conservent leur fonction érectile habituelle à 5 ans après la radiothérapie externe.

Après la réalisation d’une curiethérapie de prostate par implants permanents, il y a une diminution habituelle de la quantité d’éjaculat avec possibilité d’éjaculation sèche, les patients conservent une fonction érectile dans 70 % des cas (taux sensiblement identiques à ceux obtenus après traitement par prostatectomie totale avec préservation des bandelettes neurovasculaires).

Tout comme avec la chirurgie, un homme qui a subi une radiothérapie conserve son désir sexuel (libido) et sa capacité à avoir des orgasmes.

De nombreux hommes se disent capables d’avoir du plaisir sans érection ni rapport sexuel. Ils peuvent explorer d’autres façons de satisfaire leur partenaire ainsi qu’eux-mêmes.

Certains hommes et leurs partenaires trouvent utiles de parler à un professionnel spécialisé (urologue, psychologue ou sexologue) pour les aider à trouver des solutions et des conseils adaptés à leur situation.

Haut de page

Les traitements possibles des troubles de l'érection

Il existe plusieurs types de traitements des troubles de l’érection. La plupart nécessitent une ordonnance de votre médecin listés ci-dessous.

Les médicaments

Des médicaments, sous forme de comprimés à avaler, peuvent être prescrits pour traiter des troubles de l’érection légers à modérés.

Ces médicaments améliorent l’érection et entraînent une meilleure irrigation sanguine du pénis. Ils doivent être pris environ une heure avant la relation sexuelle et l’érection peut durer jusqu’à une heure ou plus.

Il est contre-indiqué de prendre ces médicaments en même temps que certains autres médicaments. Trois médicaments sont disponibles :

  • le sildénafil
  • le tadalafil
  • le vardénafil

Il est possible que ces médicaments ne soient pas efficaces pour certains hommes traités pour un cancer de la prostate.

Les injections et suppositoires

Les médicaments comme l’alprostadil entraînent un élargissement (dilatation) des vaisseaux sanguins et améliorent ainsi l’irrigation sanguine du pénis.

Ils maintiennent le sang dans le pénis et produisent une érection. L’érection survient assez tôt après l’injection du médicament et peut durer de 30 à 90 minutes.

L’alprostadil peut être administré sous forme de :

  • petite pastille de gelée (suppositoire) insérée dans l’urètre à l’aide d’un applicateur spécial ;
  • injection intracaverneuse d’un médicament, dans le côté du pénis à l’aide d’une aiguille fine.

D’autres médicaments peuvent également s’injecter dans le pénis comme la phentolamine et la papavérine.

Les pompes à vide

Les hommes qui ne peuvent pas prendre de médicaments peuvent envisager d’utiliser une pompe à vide. Ces pompes ont pour effet d'attirer le sang au pénis. Il s’agit d’un tube creux mis en place autour du pénis ; le vide est ensuite appliqué.

L’érection peut durer jusqu’à 30 minutes. Une fois que l’homme a une érection, il place une bande élastique ou un anneau autour de la base du pénis afin de retenir le sang dans le pénis et maintenir l'érection.

Les implants péniens (ou prothèses péniennes)

L’implant pénien est un dispositif implanté dans le pénis par intervention chirurgicale pour faciliter l'érection. Il s’agit d’une intervention chirurgicale. Il existe différents types d’implants :

  • Les implants semi-rigides

Dans le cas de l’implant pénien semi-rigide, deux tiges flexibles sont mises en place dans le pénis. Elles sont suffisamment fermes pour permettre la relation sexuelle, mais elles laissent l’homme dans un état permanent d’érection.

  • Les implants gonflables

Un implant pénien gonflable peut être partiellement ou complètement gonflable. Il s’agit de deux tiges creuses (cylindres) introduites dans le pénis. Un petit récipient sous forme de ballonnet (réservoir), rempli de liquide, est placé dans la partie inférieure de l’abdomen et une petite pompe est implantée soit à la tête du pénis ou dans le scrotum.

Lorsqu'on appuie sur la pompe, le liquide se déplace du ballonnet abdominal vers les cylindres dans le pénis, ce qui le durcit. Les cylindres sont dégonflés après la relation sexuelle et le pénis redevient mou.

 
Des questions ?
Besoin de soutien, de conseils ?
Appelez le
0810 810 821 (prix d’un appel local)
De 9h à 19h, du lundi au vendredi et de 9h à 14h le samedi

Publication

Guide Les traitements du cancer de la prostate