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Les effets secondaires de la prostatectomie totale
Mis à jour : 01.02.10
Les effets secondaires immédiats
Les effets secondaires tardifs
L'information du patient
Même réalisée dans les meilleures conditions, toute intervention chirurgicale comporte des risques. Avant toute intervention, le médecin doit systématiquement informer le patient des effets secondaires et complications possibles d’une prostatectomie totale.
Ces informations sont importantes et nécessaires pour que le patient puisse donner son accord en toute connaissance de cause.
Les effets secondaires immédiats
Les effets secondaires les plus fréquents après une prostatectomie totale sont listés ci-dessous.
Hématome, infection
Un hématome, une infection au niveau de la plaie ou une accumulation de lymphe dans la région opérée (lymphocèle). Des drains sont mis en place sur la plaie pour éviter un hématome ou une infection. Ils restent 2 ou 3 jours pour évacuer les liquides biologiques (sang, lymphe, etc.).
Les hématomes et les infections de la paroi de l’abdomen guérissent le plus souvent rapidement. Des soins peuvent être réalisés par une infirmière à l’hôpital ou au domicile. Si un lymphocèle persiste, une ponction peut être nécessaire.
Une incontinence urinaire
Elle est fréquente dans les semaines qui suivent la prostatectomie totale. Elle est liée au fait que le fonctionnement normal du muscle de la vessie et du sphincter est momentanément altéré lors de l’opération. On parle d’incontinence urinaire d’effort.
Comme le chirurgien a réuni la vessie et l’urètre par des fils, il faut laisser un temps suffisant à cette zone pour cicatriser. Pour cela, une sonde urinaire est posée et laissée en place pendant 5 à 10 jours.
> Voir la fiche La sonde urinaire
Après l’opération, le patient peut ne pas réussir à retenir ses urines. Ces fuites urinaires sont liées au fait que le sphincter a été touché par l’intervention et fonctionne mal : elles sont provoquées par une contraction insuffisante des fibres musculaires du sphincter.
Ce mauvais fonctionnement du sphincter dure un temps variable d’un individu à l’autre. Le plus souvent, la fonction du sphincter s’améliore rapidement dans les 2 semaines qui suivent l’intervention ou plus progressivement, pendant environ 3 mois. Le résultat définitif peut parfois ne survenir qu’un an environ après l’intervention.
L’incontinence de nuit, possible après l’intervention, disparaît plus rapidement que l’incontinence de jour. D’une façon générale, le volume des fuites urinaires est modeste. Différents appareils médicaux permettent de limiter cet inconfort au maximum.
Risque de phlébite
Un risque de phlébite est possible, comme après toute opération. Pour prévenir son apparition, des piqûres d’anticoagulants sont prescrites après l’intervention chirurgicale.
Les effets secondaires tardifs d’une prostatectomie totale
Différents effets secondaires tardifs de la prostatectomie totale, également appelés complications peuvent apparaître.
Les troubles de la continence
L’incontinence est la complication la plus appréhendée par les patients dans la mesure où elle conditionne leur qualité de vie. L’âge du patient est un facteur déterminant du risque d’incontinence après l’opération. L’expérience du chirurgien peut aussi être un facteur important.
Après une prostatectomie totale, l’incontinence urinaire permanente et définitive est aujourd’hui exceptionnelle (moins de 3 % des patients). Elle se limite le plus souvent à des fuites lors d’efforts particuliers, comme le port d’une charge par exemple.
La continence s’améliore progressivement au cours du temps. Il est recommandé d’attendre au moins 3 à 6 mois avant d’envisager un éventuel traitement complémentaire pour la réduire.
Comment réduire les troubles urinaires ?
Une rééducation urinaire juste avant ou après l’intervention peut être utile : elle est proposée par le chirurgien urologue pour certains patients. Elle peut accélérer le retour à la normale et améliorer la qualité de vie du patient. On parle aussi de rééducation sphinctérienne.
Cette rééducation aide à réduire les conséquences urinaires liées à l’intervention et à favoriser le retour de la continence urinaire. Une participation active du patient est nécessaire. Le chirurgien, ou le kinésithérapeute, peut indiquer des mouvements de rééducation du sphincter. Ces mouvements sont simples : il s’agit de contracter le périnée de façon répétée en dehors des mictions, comme pour interrompre le jet urinaire.
Ces mouvements de rééducation doivent être quotidiens. Ils permettent au patient d’améliorer progressivement le contrôle du sphincter et de limiter l’incontinence.
Plus rarement, des fuites urinaires restent importantes plusieurs mois après la prostatectomie totale et malgré la rééducation sphinctérienne. Des traitements complémentaires sont alors envisagés. Il peut s’agir d’injection péri-urétrale, de la pose de bandelette sous-urétrale, d’un ballonnet, ou de la mise en place d’un sphincter artificiel (prothèse du sphincter). Le médecin vous propose le traitement le plus adapté à votre situation.
Les troubles sexuels
Lors de la prostatectomie totale, la prostate et les vésicules séminales sont retirées. Or ce sont ces deux organes qui secrètent la majeure partie du liquide séminal. Les canaux déférents ont également été sectionnés et ligaturés. La prostatectomie supprime donc définitivement l’éjaculation, mais n’enlève pas la sensation de plaisir.
Des troubles de l’érection sont très fréquents à la suite de l’opération. Les nerfs et les vaisseaux sanguins qui permettent l’érection passent de chaque côté de la prostate. Ils forment ce qu’on appelle les deux bandelettes neuro-vasculaires.
Lorsque les cellules cancéreuses sont tellement proches qu’elles risquent d’avoir atteint ces bandelettes, il est parfois nécessaire de les enlever. Ceci n’est pas toujours obligatoire et dépend de la taille de la tumeur.
Si les deux bandelettes neuro-vasculaires sont enlevées, le risque d’impuissance est presque de 100%. En revanche, si une ou les deux bandelettes a pu être conservée, le risque d’impuissance est de 20 à 50 %.
Même si la préservation des bandelettes a été possible, un délai d’environ 6 mois peut être nécessaire avant le retour à une fonction sexuelle normale. Il existe aussi une rétractation de la verge liée en partie à la tension lors de la suture entre la vessie et l’urètre.
Comment réduire les troubles sexuels ?
S’il est difficile d’obtenir une érection suffisante pour avoir des rapports sexuels après l’intervention, différents traitements peuvent être proposés au patient. Certains sont à prendre par voie orale (inhibiteurs de la 5 phosphodiestérase); d’autres sont injectés dans les corps caverneux, à la base du pénis (on parle d’injections intracaverneuses). Une pompe à vide peut également être un moyen de récupérer des érections.
Ces traitements peuvent généralement être utilisés assez tôt après l’intervention afin de faciliter le retour des érections spontanées. En dernier recours, la mise en place d’une prothèse pénienne peut être proposée au patient avec des résultats satisfaisants.
> Voir la fiche Sexualité et cancer de la prostate
Il n’est pas facile d’accepter cette modification de la vie sexuelle. Parler de sa sexualité avec son médecin peut être difficile. Il est cependant capital, à la fois avant et après l’intervention, de demander des explications sur le sujet.
Vous pouvez rencontrer un urologue ou un sexologue pour trouver des moyens efficaces pour pallier ces troubles sexuels et retrouver une activité sexuelle la plus satisfaisante possible.
> Voir la fiche Le suivi de la prostatectomie totale
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Les traitements du cancer de la prostate
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"La prise en charge du cancer de la prostate" (juin 2010, pdf, 82 ko)




