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La prostatectomie totale en pratique
Mis à jour : 01.02.10
Quelles sont les différentes techniques de chirurgie ?
Les nerfs responsables de l’érection peuvent-ils être préservés ?
Quelles sont les différentes techniques de chirurgie ?
Le choix entre les différentes techniques de chirurgie dépend du type de tumeur et de la pratique habituelle de l’urologue.
On distingue différents types de prostatectomie totale, en fonction de la technique de chirurgie utilisée (on parle aussi de voie d’abord) :
- la prostatectomie par voie abdominale (ou rétropubienne), soit en ouvrant la paroi abdominale, soit par cœlioscopie,
- la prostatectomie par voie périnéale.
La prostatectomie par voie abdominale ouverte
Une prostatectomie par voie abdominale ouverte (ou rétropubienne) est une technique de chirurgie qui a pour but d’enlever complètement la prostate en passant par l’abdomen (ouverture en bas du ventre). Cette technique est la plus utilisée car elle permet de bien voir la prostate et les vésicules séminales.
Le risque de perdre du sang pendant l’opération existe. Dans ce cas, une transfusion sanguine peut être nécessaire. N’hésitez pas à vous renseigner auprès de votre médecin.
Après l’opération, le patient peut ressentir un inconfort dû à l’incision. Dans ce cas, des médicaments contre la douleur lui sont proposés.
Un repos, en évitant les efforts physiques, est indispensable pendant 3 à 4 semaines après l’intervention. Après ce délai, il est possible de reprendre progressivement une activité normale. Le plus souvent, il faut attendre deux mois avant de retrouver un état général identique à ce qu’il était avant l’intervention.
La prostatectomie par voie cœlioscopique
Une prostatectomie par voie cœlioscopique est une technique de chirurgie qui consiste à enlever complètement la prostate avec l’aide d’un appareil (un endoscope) permettant d’examiner la cavité abdominale et le bas-ventre.
L’opération se déroule selon les mêmes temps que par voie abdominale ouverte. Les complications sont identiques à celles des autres techniques. Il n’a pas encore été montré que la prostatectomie par voie cœlioscopique était plus efficace ou moins efficace que les autres voies d’abord (abdominale ouverte ou périnéale).
Dans le cadre des développements actuels de prostatectomie par voie cœlioscopique, un robot d’assistance à la coelioscopie est parfois utilisé. Cela permet une meilleure visualisation en 3 dimensions de la prostate et des structures adjacentes et facilite la réalisation de l’acte chirurgical.
Néanmoins, quelle que soit la technique, l’expérience chirurgicale et le volume d’actes réalisés diminuent le taux de complications et augmentent les chances de guérison.
La prostatectomie par voie périnéale
Une prostatectomie par voie périnéale est une technique de chirurgie qui a pour but d’enlever complètement la prostate en passant par une incision entre l’anus et les testicules, au niveau du périnée.
Cette technique peut être utilisée chez des patients obèses ou opérés du ventre à de très nombreuses reprises.
Une prostatectomie par voie périnéale présente plus de confort pour le patient. Le patient peut ressentir quelques douleurs pour s’asseoir, mais il redevient plus rapidement autonome. Cependant, cette technique est plus difficile à réaliser pour le chirurgien.
Elle est peu utilisée car elle ne permet pas de prélever des ganglions.
Les nerfs responsables de l’érection peuvent-ils être préservés ?
Les nerfs et les vaisseaux sanguins qui permettent l’érection passent de chaque côté de la prostate. Ils forment ce qu’on appelle les deux bandelettes neuro-vasculaires (ou vasculo-nerveuses).
Lorsque les cellules cancéreuses sont très proches des bandelettes neurovasculaires, le chirurgien décide en peropératoire de la nécessité ou non de les enlever. Par ailleurs, ces nerfs peuvent être endommagés au cours de l’intervention chirurgicale.
Il est difficile pour le chirurgien de savoir avant l’intervention chirurgicale si les nerfs sont atteints. La décision d’épargner les nerfs est donc prise en cours d’opération pendant qu’il peut voir la prostate et la tumeur.
On parle de technique de préservation des nerfs, réalisée par voie abdominale, cœlioscopique ou périnéale. Cela permet d’épargner le plus possible les faisceaux nerveux, tout en enlevant complètement la tumeur cancéreuse. Une marge de tissu sain autour des nerfs peut être laissée, de façon à ce que les nerfs puissent continuer à fonctionner normalement.
Le taux de réussite de la préservation des nerfs est meilleur lorsque le cancer de la prostate est à un stade précoce, de petite taille et que l’homme atteint est plus jeune et avec une activité sexuelle régulière, sans difficulté sexuelle particulière avant l’intervention.
Si le cancer atteint les nerfs, le chirurgien ne peut pas les préserver. Après cette opération, l’homme ne pourra plus maintenir une érection suffisamment ferme pour avoir une relation sexuelle : on parle alors d’impuissance.
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"La prise en charge du cancer de la prostate" (juin 2010, pdf, 82 ko)




